09 juin 2009
joli cake aux légumes d'été ou comment ne pas trop avoir l'air d'une quiche pour un apéro entre voisins
Vais-je enfin pouvoir me remettre aux choses
sérieuses ???
Entre ma petite caille dévoreuse de temps, les trois tomes
de millenium anéantisseurs d’instants dispos et la valse incessante des
tâches ménagères qui nous incombent à tous et surtout toutes, les semaines
passent et mon blog trépasse…
Et pourtant je cuisine, et pourtant je m’cultive, et
pourtant je m’ kousmine (promis je vous en parlerai la prochaine
fois sans faute)
Aujourd’hui, petite recette presque de saison (même
complètement puisque tout vient du marché), un cake ensoleillé pour apéro sur
la terrasse ou le balcon si, comme le nôtre, il est assez large pour y caser
une table et trois pots de fleurs.
L’idée m’en vient de ma môman, qui a eu la bonne idée de
nous inviter dimanche pour sa fête. Un peu de customisation maison, une bonne
base de cake… shake shake shake ! et voilà un cake aux légumes d’été tout
beau tout léger pour emporter à nos voisins du dessus qui nous invitent pour
l’apéro.
Ben voui, quand on ne connaît pas les gens chez qui l’on va,
qu’est-ce qu’on emmène, du muscat, du sirop d’orgeat ou de la badoit ?
Moi je penche plutôt pour de la boustifaille, susceptible
de passer à l’international… et donc plus probablement à l’étage supérieur.
Vu l’odeur qui se dégageait du four et l’entâme prélevé sur
un des deux cakes au sortir du dit four (faut bien tester et en garder un
bout à la maison pour les petits gourmands que nous sommes. Je commence à
connaître mon homme : il râle quand j’emmène mes oeuvres chez des gens,
simplement parce qu’on ne peut pas rapatrier les restes à la maison. Alors
maintenant, j’anticipe, je double les proportions, et j’en garde au frais…Comme
ça tout le monde est content !) ce patouillage du jour me paraît
plutôt réussi.
N’écoutant que ma conscience professionnelle, je procède à
un nouveau goutage, dénué de toute volonté gourmande : ce cake est, ma
foi, une douce tentation qui va avoir du mal à me laisser en paix jusqu’à
l’apéritif. Mais je resterai forte et tâcherai de me distraire dans la lecture
de millenium.
Pour un joli cake
Une petite courgette (150 g)
Un demi poivron rouge
Une gousse d’ail
Un peu de thym
2 tomates séchées
une petite poignée de cerneaux de noix
180 g de farine
1 sachet de levure chimique
3 œufs
10 cl de lait
4 c. à soupe d’huile d’olive
1 poignée d’emmental râpé
1 c. à café de piment d’espelette
Préchauffez votre four à 180°C
Lavez la courgette, coupez-la en deux dans le
sens de la longueur et émincez-la finement.
Faites chauffer une cuillère à soupe d’huile
d’olive dans une poêle et jetez-y la courgette détaillée pour la colorer
vivement. Salez, poivrez et parsemez de thym. Comptez 5 minutes de cuisson en
remuant de temps en temps, histoire qu’elle comprenne que vous ne l’abandonnez
pas : les courgettes sont parfois très rancunières.
Occupez-vous en même temps du poivron :
lavez-le et taillez-le en petits dés. Epluchez également l’ail, otez-le germe
et réduisez-le en tout petits morceaux.
Prenez alors une deuxième poêle ou la première,
si vous avez eu la bonne idée de débarrasser les courgettes ailleurs. Faites
chauffer à nouveau une cuillère d’huile d’olive et faites suer la brunoise de
poivron et l’ail en assaisonnant à volonté. Saisissez alors les tomates séchées
et avec des ciseaux bien aiguisés, taillez-en des petits bouts qui seront bien
heureux de rejoindre les poivrons dans leur jolie poêle toute chaude. Comptez
également 5 minutes de cuisson : pas de jaloux dans nos cuisines :
c’est un principe fondamental pour réaliser de joyeux petits plats bien
équilibrés.
Dernière touche pour la garniture :
concasser légèrement les cerneaux de noix, préalablement extraits de leur
coquille pour les plus courageuses.
Préparez ensuite l’appareil à cake :
battez les œufs en omelette (cassez-les avant bien entendu…), ajoutez la farine
et la levure. Touillez fermement et mouillez peu à peu avec le lait et les deux
cuillères à soupe d’huile restantes. Avec un peu de courage vous viendrez à
bout des grumeaux et autres intrus. Vous pourrez alors assaisonner et poudrer
de piment d’Espelette puis ajouter l’emmental et la garniture.
Coulez tout cela dans un moule à cake beurré et
enfournez pour 45 à 50 minutes.
Laissez refroidir avant de
déguster et profitez-en pour inviter vos voisins !
13 mai 2009
Lorsque la citronnelle s'acoquine avec la coco: kesaco? Du veau de mer façon thaï, bien sûr!
Ah ! le joli mois de mai…
Ses journées ensoleillées (entre deux pluvieuses), ses
fêtes, ses concerts, et son peu de motivation pour pianoter et tapoter devant
son écran !
Pourtant, je cuisine, je marmitonne et papillonne devant
mes fourneaux ! Pour un, pour deux, pour quatre et même pour 18, mais
aussitôt la mangeaille enfournée, je retourne à ma petite crevette. Pas une
seconde à soi ! Elle ne connaît pas les ponts ni la fête du travail !
Et je ne me sens pas de faire la grève pour réclamer une diminution du temps de
tétée.
Alors il faut faire rapide et efficace pour se concocter
des petits gueuletons pas dégueu en deux deux.
Je me souvenais de crevettes plongées dans un bouillon au
lait de coco et à la citronnelle que je dégustais dans une cantine thaïlandaise
du temps où j’habitais Paname. Cette odeur, cette saveur… ça vous requinquait
sa femme en moins de deux ! Je soupçonne la citronnelle d’avoir des vertus
tonifiantes et euphorisantes.
Une petite pointe de nostalgie, il ne m’en faut pas plus
pour me lancer dans un petit essai de cuisine thaï. Résultat probant : il
a fallu nous raisonner pour ne pas terminer le plat direct.
450 g de poisson (veau de mer, espadon,
thon…)
1 boîte de lait de coco
1 cube de bouillon de légumes
3 ou 4 carottes
2 bâtons de citronnelle
1 piment oiseau
sel/poivre
120 g de riz de Camargue ou riz gluant
Etant donné la rapidité d’exécution et de cuisson, vous pouvez sans soucis commencer par cuire votre riz. Pour le riz gluant, le problème, c’est qu’il faut le faire tremper la veille il me semble… Alors je me suis rabattue sur un bon riz bien de chez nous.
Dans une casserole, versez le lait de coco et l’équivalent
de deux boîtes remplies d’eau. Ajoutez le bouillon cube, le piment oiseau et la
citronnelle lavée et émincée grossièrement. Salez et poivrez. Mettez à bouillir
tranquillement.
Epluchez les carottes, rincez-les et taillez-les en fine
julienne (coupez chacune en 2 ou 3 tronçons ; puis chaque tronçons en
lamelles de 2 ou 3 mm de large ; puis chaque lamelle en fins bâtonnets). C’est
là le plus long du travail.
Plongez votre julienne dans le bouillon et laissez cuire 5
minutes.
Attrapez votre poisson et détaillez-le en cubes.
Faites-le cuire 3 à 5 minutes dans le bouillon.
Servez aussitôt avec le riz.
N’hésitez pas à utiliser des assiettes à soupe et à
parsemer de coriandre fraîche ou de ciboulette.
22 avril 2009
Boulette de boeuf à la coriandre fraîche... On s'y croirait!
Avec ce temps qui oscille entre soleil et pluie, j’ai des
envies de grand sud, de couleurs, d’épices, d’Orient quoi ! Alors
j’improvise un p’tit souk dans ma cuisine, non pas que ce soit le bazar (ah,
ah, ah !), car on s’est fait une grande session ménage samedi
dernier ; ah ! le doux charme des week-ends à la maison : on les
attend toute la semaine ( enfin surtout mon homme, vu que pour moi, en ce
moment c’est dimanche toute la semaine !) et on en profite toujours
dignement en attrapant le balai et les chiffons… On se retrouve finalement le dimanche soir, exténués sur le
canapé, à se dire que ça passe toujours trop vite et vivement le week-end
prochain !
L’avantage d’avoir un petit bout
à la maison, c’est qu’on redécouvre les matinées (concept méconnu des adultes
post-adolescents sans enfants que nous étions) ; aussi atteint-on en un
même week-end, un coefficient d’exposition au soleil nettement supérieur, même
à Clermont-Ferrand ! C’est sûr que ça ne remplace pas les grasses mat’ qui
s’éternisent mais il faut bien se faire une raison et tirer parti de la
situation. C’est comme cela que nous nous sommes retrouvés au marché, avec
notre princesse confortablement installée dans son écharpe, à humer les odeurs
de lilas, de pommes et de fromages. Ça fait du bien ! Un café en terrasse,
les badauds souriants, un p’tit air de printemps…
En rentrant, pour se donner du
cœur à l’ouvrage et comme le ménage n’attend pas, j’ai sorti ma botte de
coriandre magique qui transforme le moindre petit steak maussade en plat des mille
et une nuits, exactement ce qu’il nous fallait… Pas plus de dix minutes pour
colorer son ordinaire.
Pour 2 ou 3 personnes
2 steaks hachés
1 œuf
1 c. à soupe de
noisettes
2 c. à soupe de
chapelure
1 c. à soupe de graines
de lin
¼ de botte de coriandre
fraîche
2 brins de menthe
poivrée
½ oignon
1 gousse d’ail
1 pincée de piment
sel et poivre
1 boîte de sauce tomate
1 pointe de harissa
20cl de semoule moyenne
2 c. à soupe d’huile
d’olive
1 c. à soupe de raisins
secs
40 cl d’eau bouillante
Réunissez dans le bol de votre mixer les noisettes, la chapelure, l’oignon pelé et coupé en 2 ou 3 morceaux, l’ail dégermé, les feuilles de coriandre et de menthe. Hachez finement et ajoutez ce mélange aux deux steaks émiettés dans un cul de poule. Salez, poivrez et pimentez légèrement. Cassez votre œuf par-dessus pour amalgamer joyeusement.
Mettez à bouillir 40
cl d’eau. Pesez votre semoule, parsemez de quelques raisins secs et
nourrissez-la d’un peu (beaucoup) d’huile d’olive. Caressez-la de vos petits
doigts, versez dessus l’eau bouillante, remuez un peu et couvrez.
Retournons à nos boulettes. Façonnez-les de la taille
d’une noix. Vous devriez en obtenir presque quinze. Si vous les voulez un peu
plus croquantes, roulez-les dans la chapelure.
Sinon, passons à la cuisson. Dans
une poêle bien chaude où frissonne un peu d’huile d’olive, jetez vos petites
boulettes et tournez-les régulièrement pour colorer toutes les faces. Au bout
de 5 minutes, ajoutez la sauce tomate et un peu de harissa. Remuez et laissez
cuire encore 3 à 5 minutes. Servez avec la semoule bien chaude.
08 avril 2009
muffins avoine et cranberries
Une petite madeleine de Proust pour un après-midi ensoleillé… En fouillant dans ma boîte à chaussure/boîte à trésors/boîte à recettes, je suis retombée sur une recette manuscrite que je n’avais jamais réalisée, comme beaucoup de recettes que je demande après avoir ressenti une émotion gustative marquante. Le temps passe, on pense à autre chose et on oublie ses promesses…
J’ai relu avec une tendresse particulière ce bout de
feuille à petits carreaux perforée. Cela doit faire treize ans, si je compte
bien, qu’une amie de l’époque m’avait confié cette recette au cours d’une fête
d’anniversaire, je crois… Elle avait fait, elle ou sa maman, des muffins au
chocolat…J’étais encore au lycée et je devais rentrer des Etats-Unis où j’avais
découvert, entre autres choses, les cranberries.
C’est
drôle de voir comme aujourd’hui, on ne jure encore que par les muffins, salés
ou sucrés. Tout ce qui se grignote, se goûte, se dévore instantanément, a un
succès fou. Et lorsqu’on fait attention aux étiquettes, les paquets de gâteaux
deviennent des ennemis jurés : Entre l’amidon modifié, l’huile de palme
hydrogénée, les colorants et les antioxydants, trouver des friandises
politiquement correctes relève du casse-tête chinois, tout au moins dans les
grandes surfaces traditionnelles.
Donc, pour
satisfaire ma légendaire gourmandise et régaler aussi ma mémoire, je me suis
mise à la confection de muffins avoine-cranberries. Et j’ai presque versé ma
petite larme en les goûtant, tant et si bien que j’en ai regoûté un autre pour
être sûre, puis un autre pour finir de me convaincre… Et j’en ai conclu que
oui, j’aimais beaucoup les muffins et que les cranberries séchées sont une très
belle invention. CQFD (mais qu’est-ce qu’il fallait démontrer ? That is the question…)
Pour 12 Muffins
1 tasse de flocons d’avoine
1 tasse de lait
1 tasse de farine
¾ de tasse de cassonade
1 c. à café de levure chimique
½ c. à café de bicarbonate de sodium
½ c. à café de sel
1 œuf battu
¼ de tasse de beurre fondu
1 tasse de cranberries
Commencez par réunir dans un saladier les flocons d’avoine et le lait. Mélangez et laissez reposer pour obtenir une belle bouillie bien avenante…
Préchauffez votre four à 200 °C.
Dans un autre récipient, rassemblez les
éléments secs : farine, cassonade, levure, bicarbonate et sel. Un petit
coup de cuillère à pot et hop ! On retourne à notre bouillie. On lui
rajoute le beurre fondu et l’œuf, on remue puis on incorpore les éléments secs
jusqu’à obtenir une belle pâte bien homogène.
Il ne reste plus qu’à ajouter les cranberries,
ou les pépites de chocolat ou les myrtilles.
Remplissez les moules à muffins aux ¾ et
enfournez pour 15 à 20 minutes.
Conservez (si vous y arrivez) dans une boîte
hermétique.
Au petit déj’ ou au goûter, ce serait dommage de s’en priver !
01 avril 2009
petite note écolo dans un monde à l'envers
Voici un texte qui m'a été envoyé par mon cousin sur la production de fraises hors saison en Espagne... Je savais déjà par expérience qu'elles n'avaient ni goût ni couleur, je me doutais qu'elles étaient bourrées de pesticides, aussi personnellement, je refusais d'en acheter... Pour les récalcitrants, les informations que voilà, que vous pouvez librement relayer, devraient finir de vous convaincre qu'il faut respecter les saisons... Ras la fraise des apprentis sorciers!
Fraises espagnoles/ scandale écologique

Très instructif !
D'ici à la mi‐juin, la France aura importé
d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises.
Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros
trucs rouges, encore verts près de la queue
car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant
à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...
> > Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les
consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade
actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces,
après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16
000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz
d'échappement. Car la quasi‐totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur
les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus
fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF‐France s'intéresse à la marée montante
de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette
production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans
de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF,
et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà
en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures
seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le
pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
> > Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace
productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors
saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent
l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et
stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le
premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la
couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et
d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.
> > Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main d'oeuvre
marocaine, des saisonniers ou des sans‐papiers sous‐payés et logés dans des
conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en
plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver.
> > ... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et
d'affections de la peau.
> > Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une
irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des
fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages
dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme
en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne
l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx
pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans
la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de
disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.
> >
> > La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont
soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.
> > ... Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en
Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits
nocifs qu'ils ont respiré ...
> > La production et l'exportation de la fraise espagnole,
l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en
avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme
agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du
public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et
la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de
la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des
pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
PAR Claude‐Marie Vadrot
> > Politis jeudi 12 avril 2007
28 mars 2009
chutney de betterave jaune
Je n’arriverai donc jamais à reprendre le cours normal de
mes activités culinaires !!!
Les jours passent et mes billets doux deviennent de moins
en moins nombreux, j’avoue… Je me fais gronder par mes proches qui guettent mes
brèves apparitions. Ben oui, c’est surtout eux qui doivent continuer à venir
faire un petit détour par ces pages qui ne se renouvellent plus ! Je leur
promets de mettre en ligne des recettes qu’ils ont testées à la maison et ils
me rappellent dépités devant notre petit maraîcher bio aux multiples merveilles
que deux semaines plus tard, je n’ai toujours pas tenu ma promesse.
Faut dire que je suis tout le temps dehors ou en train de
m’occuper de mon petit chérubin… C’est à peine si j’arrive à faire un brin de
beauté à ma maison, alors vous pensez bien qu’alimenter ce blog, c’est encore
un challenge herculéen pour ma petite personne ! Ma petite merveille faite
bébé n’accepte pas généralement que je la pose plus d’une demi heure… Et quand
elle le fait, c’est tellement surprenant que le temps de réaliser qu’on a du
temps devant soi, on n’a plus le temps de rien faire… Vous me suivez ? De
quoi tourner chèvre !
Il y a bien l’écharpe de portage, une bénédiction pour les
mères pas désespérées mais presque : un petit tour, un gros nœud et hop,
les mains sont enfin libérées pour faire la cuisine, le repassage ou un peu de
nettoyage, avec un peu d’entraînement… Mais le principe fondamental de la
chose, c’est le mouvement perpétuel, un balancement sans fin du bébé koala,
alors s’asseoir devant l’ordinateur sous prétexte que son blog de cuisine se
morfond tout seul et abandonné, c’est
tenter le diable, c’est le début de la fin, un adieu à sa tranquillité
précaire !
Alors j’abandonne mon ouvrage et je vais marcher avec mon
petit bout de chou… Je « gym-poussette » au jardin Lecoq, je
m’oxygène les neurones, j’arpente les étals des marchés clermontois prête à me
laisser surprendre par de nouveaux anciens légumes.
Et c’est ainsi qu’au marché à Saint Jacques j’ai trouvé
chez un producteur bio de jolies pépites que j’ai embarquées dans mon panier
bien décidée à en tirer la substantifique moelle entre deux services de lait à
ma petite goulue.
J’ai donc coupé en deux ma découverte pour me donner des
idées et voilà ce qui m’est apparu :
C’est bien une betterave que vous voyez là… Elle est belle
non ? Je suis immédiatement tombée amoureuse de ses nervures, de ces
dégradés de jaunes si lumineux. On a
tout de suite envie de rendre tous les honneurs à une telle beauté… J’aurais
voulu faire toute une déclinaison de mousses et de purées, de chips et de
gelées mais le temps (encore lui) m’a manqué et je me suis contentée de
préparer un modeste chutney pour accompagner un foie gras.
Enfin modeste, modeste, il a suscité beaucoup
d’interrogations et j’ai dû promettre de mettre la recette en ligne. Une amie
croisée devant mon fournisseur officiel de betteraves multicolores m’a rappelée
à l’ordre mercredi dernier et je m’exécute donc pour ne pas la faire languir
davantage.
Chutney de betterave jaune
1 belle betterave
1 cuillère de miel
1 c. à soupe de vinaigre de cidre
1 bonne pincée de gingembre moulu
1 pincée de curcuma
sel et poivre
Commencez par porter à ébullition une quantité d’eau suffisante pour plonger les morceaux de betteraves que vous n’allez pas tarder à couper. Salez au gros sel. Epluchez donc cette betterave dont nous parlions, lavez-la soigneusement et débitez-la après lui avoir rendu un dernier hommage… Laissez-la cuire 25 minutes environ (à la tendresse du couteau), puis égouttez les morceaux et hachez-les menu menu.
Pour cela, j’ai une jolie tourniquette bien
pratique.
Remettez ce hachis dans une casserole avec les épices, le miel et le vinaigre. Ajustez le tir à votre convenance et assaisonnez à volonté.
Délicieux et surprenant avec un foie–gras ou
une viande blanche.
En bonus, une photo de la version
rose des betteraves à l’ancienne de ce producteur bio… Un vrai bijou, on aurait
envie de la porter au doigt !
11 mars 2009
Une sauce verte pour accompagner un pavé de saumon
Oh la la ! J’ai honte ! Quand je vois que je n’ai rien écrit depuis déjà deux semaines ! Je ne pensais pas qu’un bébé occupait autant, pour moi, entre les tétées, on était un peu libre mais en fait, ce n’était qu’une douce illusion, une image retouchée dans Marie-Claire…
Enfin, je vous rassure, ce n’est que du bonheur même s’il
faut un peu (c’est un euphémisme…) repenser son rythme de croisière.
Alors en deux deux, je vous livre une petite recette de
sauce minute bien sympathique pour habiller un pavé de saumon juste saisi à la
poêle (sur feu bien vif évidemment pour qu’il ne colle pas et prenne une belle
couleur tout en restant encore bien rose à l’intérieur).
J’essaie de plus en plus de faire des sauces sans crème ni
beurre, même si je cède encore souvent à l’appel des sauces bien riches…
Celle-ci, je l’avais testée à Noël, pour un petit tête à tête
bien agréable… C’était frais et fruité, et en plus, c’est bon pour les artères !
Pour 25 cl de sauce verte
5 cl d’huile d’olive
5 cl d’amandina ou de soja sauce
5 cl de lait de noisette
5 cl de jus de citron
½ botte d’estragon et de coriandre mélangés
sel/poivre
Un bon coup de blender le temps d’obtenir une jolie crème et on met à chauffer pendant que le saumon cuit…
Impossible de résister au « sauçage sauvage » !
18 février 2009
Coeurs coulants au chocolat noir
Mon petit ange dort du sommeil du juste…ça me laisse à peine de temps pour vous faire part, mais un peu tard, d’une recette idéale pour faire chavirer le plus difficile des petits cœurs… Après tout, il n’est pas nécessaire d’attendre la prochaine Saint Valentin pour régaler sa moitié !
J’avoue succomber immanquablement dans un restaurant
lorsque sur la carte des desserts le chef associe les mots magiques que sont
« chocolat » et « coulant ». peut-être ai-je été un peu
trop conditionnée par la pub mythique ou une poire puis une femme sont
recouvertes de chocolat. Depuis, me parler de chocolat noir me rend très
légèrement hystérique…
La recette que je vais vous livrer est simplissime,
rapidissime et bonnissime ! En plus, on peut garder les petits bouchons au
frigo ou au congèl (à condition bien sûr de les laisser décongeler
tranquillement bien entendu) jusqu’à dégustation. 7 ou 8 minutes de cuisson et
c’est le septième ciel garanti !
Pour 10 ou 12 moules à dariole
125 g de beurre
150 g de chocolat à dessert noir corsé
150 g de farine
180 g de sucre
3 œufs
1 jaune d’œuf.
Faites fondre le beurre et le chocolat en
parcelles au bain-marie ou au micro-ondes.
Réunissez dans un grand cul de poule la farine
et le sucre. Ajoutez les œufs en fouettant bien pour obtenir un appareil
homogène. Mélangez bien le beurre et le chocolat fondu et verser dans le cul de
poule. Continuez à mélanger pour obtenir un bel appareil assez épais.
Beurrez et farinez légèrement vos moules à
dariole. Remplissez-les avec deux cuillères de pâte environ.
Au moment voulu, préchauffez votre four à
270°C.
Enfournez 8 minutes et démoulez immédiatement.
Un bon torchon et un coup sec sur l’assiette, on y arrive vite.
Un véritable délice je vous dis !
Le temps de cuisson dépendra de
votre four… Il est indispensable de faire des tests avant d’émerveiller ses
convives… Quel dommage, se sacrifier pour manger un gâteau test avant tout le
monde !… Et attention, je me suis laissée piéger : si vous sortez les
gâteau du frigo, comme la pâte est plus froide, il faut compter un peu plus de
temps de cuisson !
04 février 2009
Tatin aux poires vanillées, caramel au beurre salé
Mon petit ange s’est enfin endormi au creux de notre lit
après une tétée réparatrice…
Profitons-en pour rattraper un peu notre retard ! Les
recettes et les photos s’accumulent mais je ne trouve jamais assez de temps
pour un petit billet… Qué malheur ma pauvre dame !
Alors commençons le retour en arrière : premier
dimanche après ma sortie de la maternité, les grands-parents veulent voir leur
petite-fille même le jour du Seigneur ! Mais vu l’irrégularité de ses
rythmes, je préfère recevoir à la maison plutôt que de passer deux heures à
regarder les autres manger pour cause de besoin urgent de téter…
Pour la petite histoire, elle a été angélique, à dormir
d’une traite pendant tout le repas… A croire qu’elle veut impressionner ses
grands-parents, elle nous fait le coup à chaque fois : quand on leur dit
que la nuit a été dure, qu’elle n’a pas voulu dormir, ils doivent croire que
l’on ment ! Tant mieux remarquez, comme ça, ils seront moins tentés de
refuser lorsque l’on aura besoin de baby-sitters. Elle est bien notre fille
quand même, y a pas à dire !
Tout ça pour vous donner ma recette de la tarte tatin aux
poires vanillées. Un pur délice :j’avais ressorti un bout de pâte brisée
au seigle pour improviser vite fait quelque chose. Le choix était vite fait, il
ne me restait que quelques poires dans mon compotier.
J’ai tenté le beurre salé pour contrebalancer le sucré du
caramel avec une pointe de jus de citron pour relever les goûts. Une gousse de
vanille de chez Gaucher (pour les non-clermontois, le meilleur épicier de notre
ville) et le tour était joué. Il fallait d’ailleurs vite le jouer avec un bébé
qui pouvait se mettre à pleurer d’une minute à l’autre !
Pour une jolie tarte
250 g
de pâte brisée :
75g de farine de seigle
75g de farine de blé
75 g de beurre
10 g de sucre
1 pincée de sel
1 jaune d’oeuf
5 cl d’eau
5 poires pas trop mûres
50 g de beurre salé
le jus d’un citron
150 g de sucre non raffiné
1 gousse de vanille
Pour ceux qui n’auraient pas suivi tous les chapitres précédents et n’auraient pas encore dans leur congel un bout de pâte brisée, confectionnez votre pâte comme indiqué ici.
Pour les autres, préchauffez votre four à
180°C.
Lavez, épluchez et évidez vos poires. Démarrez
un caramel sur feu moyen dans une casserole suffisamment grande pour accueillir
par la suite les morceaux de poire. Attention de bien répartir le sucre sur
tout le fond et parsemez de morceaux de beurre.
Ouvrez la gousse de vanille et grattez l’intérieur,
puis rajoutez bâton et poudre dans le caramel en formation.
Coupez les poires en quartiers, citronnez-les abondamment
et déposez-les dans le caramel qui commence à brunir. Quelques petits tours dans
la casserole et on éteint.
Abaissez la pâte en un disque assez épais.
Disposez les poires en rosace dans un moule à manquer
(en silicone, c’est le top pour le démoulage) en laissant la gousse de vanille pour
les plus gourmands, et recouvrez avec le disque de pâte. Bordez un peu et enfournez
pour 40 minutes.
Laissez tiédir et dégustez sans plus tarder !
Pour le démoulage, gardez bien la grille en dessous
pour éviter les catastrophes.
26 janvier 2009
brochettes de canard à la mangue, marinade à la citronnelle
Pas facile de se dégager un peu de temps entre deux tétées…
Romane mange comme quatre et ses menus sont si peu variés qu’ils ne méritent
pas vraiment un billet !
Alors petit retour en arrière, pour vous faire partager
notre menu de Noël, alors même que j’avais encore un ventre bien rond et des
nuits paisibles…
Ce fut pour nous l’occasion d’un petit dîner en amoureux,
comme souvent remarquez, mais avec cette fois la ferme conviction que ce serait
un des derniers avant longtemps. Il avait donc une saveur toute particulière,
alliant nostalgie et impatience, aussi près que nous étions alors de rencontrer
celle que nous avions attendue pendant 8 mois.
J’ai donc voulu proposer à nos papilles exigeantes un plat
adapté à ce mélange de sentiments opposés, un plat aigre-doux, un plat un peu
surprenant…
Mon amoureux avait émis le vif désir de manger du
canard ; plus traditionnel, tu meurs… A moi de lui donner un air de fête.
La mangue est un compagnon maintenant classique du
magret ; mais comme c’est de loin mon fruit préféré que je mangerais par
charters entiers (et oui, ma conscience écologique a de nombreuses failles…
Mais je me fouette en pensée à chaque fois que je cède à la tentation !),
je me suis laissé aller à la facilité en essayant cependant de corser un peu l’exercice
avec une marinade de mon invention.
Que dire ? On s’est régalé encore une fois et la
citronnelle nous a entraînés vers des contrées inexplorées…
1 magret de canard
1 grosse mangue
4 grains de poivre
5 cl de sauce soja
le jus d’1 orange
2 bâtons de citronnelle
5 cl d’huile de colza vierge
1 cuillère de sucre roux
L’après-midi, avant de vous préparer pour votre dîner galant, réunissez dans votre blender ou dans votre mixer les éléments de la marinade : le poivre, la sauce soja, l’orange pressée, les bâtons de citronnelle émincés et l’huile de colza. Laissez bien tourner pour obtenir un mélange assez homogène.
Coupez le magret en gros dés (pour vous faire une idée, j’en ai obtenu 24) que vous arroserez avec la marinade. Laissez ensuite reposer au frigo au moins une heure.
Plus tard dans la journée, coupez la mangue le long du noyau pour prélever les deux joues. Quadrillez avec un couteau pointu et à dent la chair sans cependant abîmer la peau. Une légère pression en dessous et vous obtiendrez de jolis dés en hérisson… C’est magique.
Reprenez votre canard, pressez les dés pour retirer le surplus de marinade en faisant bien attention de la récupérer pour confectionner la sauce.
Il ne reste plus qu’à enfiler les perles sur des brochettes : quatre dés de mangue et quatre dés de canard en alternance. Rangez ensuite au frais votre œuvre.
Pour la sauce, résistez à la tentation et raclez sur la mangue toute la chair restante y compris celle qui se situe autour du noyau (vous pourrez quand même vous permettre de sucer le noyau…). Passez au blender la marinade et la chair sauvée d’un grignotage annoncé, ajoutez le sucre roux et rectifiez l’assaisonnement à votre convenance.
Le moment venu, mettez à chauffer la sauce à feu doux et dans une poêle sur feu vif, saisissez les brochettes 1 à 2 minutes sur chaque face en salant légèrement.
Deux brochettes suffiront, surtout qu’il vaut mieux ne pas trop surcharger l’estomac de son compagnon et garder un peu d’appétit pour la suite des évènements.
Cela vous permettra de vous refaire une tournée de brochette le lendemain à deux ou en solitaire, histoire de vous récompenser des efforts fournis la veille !












