Bon, ce n’est pas parce qu’il fait gris aujourd’hui que l’on va se laisser aller à la morosité ! On aurait bien chacun nos raisons, mais il faut se forcer à appliquer la méthode Coué en attendant le grand beau temps et se dire qu’au moins les fraises  « bien de chez nous » sont revenues. Si ça c’est pas un grand pas vers le mieux !

Alors après, on relativise… Les démangeaisons, le foie qui n’en fait encore qu’à sa tête et qui va encore m’obliger à subir un déclenchement un mois avant le terme : tout ça, ce sont des queues de cerise, tant qu’il y aura des fraises goûteuses et juteuses à croquer à l’envie… C’est bien cela l’essentiel, non, quand on est enceinte, de pouvoir satisfaire ses envies de fraises ?

Enfin, plaisanterie mise à part, c’est quand même fou d’être à ce point obligée de tout contrôler, que je suis même incapable de laisser la nature et mon bébé décider du moment de l’accouchement… Je m’étonne moi-même. Parce que, même si les médecins ont du mal à l’accepter, le foie, c’est quand même bien l’organe le plus sensible à nos émotions, à notre stress et à notre alimentation. Sur ce point, je fais très attention depuis le début, alors c’est bien que ça carbure là-haut sans que je puisse faire quoi que ce soit contre…

Alors je mange des fraises, pour oublier, et je nous fais une tarte, pour me consoler.

Un fond en pâte sablée à la poudre d’amande, une crème chiboust à la pistache, légère (dans la bouche, pas sur les hanches) et savoureuse, de jolies fraises de Corrèze achetées au marché directement au producteur. Un pur délice, goûté et approuvé (à ce qu’on m’a dit) samedi, par trente-cinq joyeux fêtards, pour lesquels j’avais confectionné pléthore de desserts avec amour, toujours !

Ne prenez pas peur en voyant la liste des ingrédients, c’est des trucs de base, qu’on a généralement dans son placard, sauf les pistaches décortiquées et non salées.

Quant au temps de préparation, vous pouvez répartir les étapes sur trois jours, pour que ça passe plus vite : 10 minutes pour préparer la pâte sablée avant de la laisser poser 24 h au frigo, 5 minutes le lendemain pour étaler la pâte et la faire cuire, plus 15 autres pour réaliser la crème chiboust, enfin, 10 minutes le jour J pour dresser la tarte, juste avant de la déguster.

Sinon, vous pouvez tout enchaîner, si vous en avez le courage, 40 minutes dans une journée, c’est quand même pas la mort !

 

Pour une belle et grande tarte008__2_

· Pâte sablée aux amandes :

125 g de beurre en parcelles à température ambiante

80 g de sucre glace

1 œuf

40 g de poudre d’amandes

sel

250 g de farine

· Crème chiboust pistache :

1/4 de litre de lait

1 gousse de vanille

3 jaunes d’œuf

50 g de sucre

10 g de farine

10 g de maïzena

40 g pistaches décortiquées et non salées

3 blancs d’œuf en neige

20g sucre

 

500 g de fraises

 

Réalisez la pâte sablée. Trop facile : sortez bien votre beurre avant de vous y mettre, pesez la quantité souhaitée, coupez le en petits dés et installez-le dans un coin chaud de votre cuisine. Le but du jeu, obtenir une consistance pommade, bien crémeuse en travaillant un peu à la cuillère. Quand vous y êtes, réunissez dans votre bol le beurre, l’œuf, le sel, le sucre glace et la poudre d’amande. Mélangez énergiquement ou laissez faire votre robot. Ajoutez alors la farine et terminez à la main sans trop fatiguer la pâte. Vous obtenez une consistance très friable.

Etalez du film alimentaire sur votre plan de travail, farinez la feuille et déposez dessus la pâte. Fleurez à nouveau (saupoudrez de farine), aplatissez et emballez votre pâte pour la faire prendre au frais au moins une heure.

Le lendemain, ou une heure après, selon votre courage et votre planning, préchauffez votre four à 180 °C. Etalez la pâte sablée un peu épaisse (entre 2 feuilles de papier sulfurisé, c'est plus facile) pour chemiser votre moule ou découper un beau fond tout rond. Piquez à la fourchette , couvrez de papier sulfu et lestez avec des haricots blancs ou des poids de cuisine pour que la pâte se développe uniformément.

Si vous le souhaitez, dorez au jaune d’œuf les bordures. Enfournez pour une bonne vingtaine de minutes (que le fond soit sec et les bords bien colorés).

 

On passe à la crème chiboust : première étape : la crème pâtissière. Mixez les pistaches en poudre plus ou moins grossière.

Ensuite, on met à bouillir le lait et la gousse de vanille ouverte dans sa longueur et grattée délicatement. Pendant ce temps et sans quitter des yeux la casserole, réunissez dans un cul de poule les jaunes d’œuf, le sucre, la farine et la maïzena. Fouettez avec entrain et versez par-dessus le lait bouillant filtré au chinois. Mélangez sans tardez et ajoutez 2 bonnes cuillère de poudre de pistache. Remettez dans la casserole et ramenez à ébullition pour que la crème épaississe, sans arrêter de mélanger. Stoppez alors la cuisson.

 Attendez bien une heure avant de passer à l’étape suivante, pour ne pas violenter la meringue en la confrontant à une crème trop chaude. Montez les blancs d’œuf en neige en les serrant avec le sucre en fin de fouettage. Incorporez d’abord un petit tiers au fouet à la crème pâtissière puis le reste délicatement à la spatule.

 Si vous êtes un peu équipé, mettez cette crème en poche avec une grosse douille cannelée, sinon, rangez juste au frais jusqu’à ce que vous dressiez, ou dressez direct.

 Peu de temps avant de déguster, lavez, équeutez  et coupez les fraises en 4. Démoulez le fond de tarte (si vous le sentez) et recouvrez généreusement de crème chiboust (en jolies petites pointes si vous avez la douille annelée). Rangez les fraises sur ce lit de crème, saupoudrez de pistaches mixées et dégustez sans tarder…