Je revis !!!! Une matinée entière pour moi ! A trainer en peignoir lascivement installée dans mon grand fauteuil, à prendre le temps de savourer mon thé en divaguant joyeusement sur la toile, à jouer l’étudiante insouciante vissée au téléphone. Enfin presque, il me reste ma petite crevette number two, mais ma grande gamba, elle, est à la halte-garderie jusqu’à midi. Yes !!!Son papa l’a emmenée à 9 heure jouer avec d’autres mini-pouces et va la récupérer après déjeuner…

Notez bien, c’est uniquement dans son intérêt qu’on la met à la crèche, ce n’est pas du tout pour souffler un peu. Il ne tiendrait qu’à moi, je la garderais vissée à mes jupes à longueur de journée… ça sonne faux non ? Non, je l’aime, je l’adore mais un peu d’air, ça fait du bien à tout le monde ! Surtout qu’en ce moment, je me la joue beaucoup en « tête à têtes » avec mes filles, vu que leur papa est souvent en déplacement ; alors hier au soir, j’étais complétement lessivée, bonne à repasser à 20h00 du soir. Faut dire que terminer la journée entre 22h et minuit, les seins vidés, pour se faire réveiller à trois ou quatre heure, puis à sept par la grande sœur qui demande toujours autant d’attention et ce jusqu’au coucher , ça finit par user. Et puis j’y mets du mien : pendant qu’elle sirote son biberon dans le canap’ et que la petite, la bienheureuse, dort profondément, je vide le lave-vaisselle, lance une lessive, ramasse le linge, le plie, passe un petit coup d’aspi et de serpillère (enfin pas dans les coins non plus, faut pas exagérer !) et démarre des macarons, telle une gaillarde shiva ménagère. Il faut bien s’occuper… Et les macarons, c’est tellement bon ! Ça, c’est sûr, c’est pas régime, mais il faut du sucre pour carburer, et du plaisir, pour tenir le coup.

Évidemment, celles qui m’ont vue à l’émission « les Maternelles » sur France 5 sur le thème « comment gérer ses kilos de grossesse » doivent doucement rigoler… Mais faut dire qu’avant de déguster les macarons, c’est salade de roquette et parmesan avec réduction de vinaigre balsamique, et double ration de gym-poussette avec ou sans poussette d’ailleurs, mais toujours avec deux petites cailles dans les bras qui commencent à peser leur poids. Oui parce que ma grande puce, c’est la reine de l’endormissement sans préavis. La dernière fois, j’étais pliée de rire intérieurement : je redescendais du bureau de poste avec crevette number two en porte-bébé et crevette number one dans son « tricycle-pousseur que c’est toi qui fait tout et qu’elle, elle regarde juste le paysage en donnant des coups de guidon qu’on dirait que c’est juste pour t’embêter » ; il était 11h30, elle avait fait preuve de beaucoup de dynamisme deux minutes auparavant et d’un coup, je vois ma gamine aller de droite, de gauche, comme si elle testait la résistance du cadre qui la retenait. J’appelle ma crevette une fois… pas de réponse, deux fois… rien ; je m’approche, elle dormait profondément, les mains sur le guidon, en pleine descente, avec les chaos des irrégularités du bitume ! J’ai dû terminer le trajet avec crevette number two toujours endormie dans son porte-bébé et crevette number one sur l’épaule comme un sac de patate (crevette qui ne s’est réveillée que deux heures après, fraiche et dispose comme une rose).

Tout ça pour dire que oui, j’ai besoin de sucre, même si, oui aussi, je voudrais bien avoir des jambes encore plus sublimes que maintenant (et des fesses, et des bras, et des hanches, et des abdos…liste non-exhaustive évidemment). Et puis, faut que je m’entraine, parce que j’ai déjà des demandes pour des stages macarons, alors il faut que je sois au top !

 

POUR 50 à 70 PETITS MACARONS

 

190 g de poudre d’amande001__11_

310 g de sucre glace

150 g de blanc d’œuf

90 g de sucre semoule

20 gouttes de colorant vert

1 boîte de pistaches décortiquées non salées

(le top, c’est mondées carrément)

pour faire la pâte de pistaches

Un peu d’huile de pistache ou de tournesol

 

20 cl de lait

1 œuf

50 g de sucre semoule

20 g de poudre à flan

100 g de beurre bien tempéré

2 c/ à soupe de la pâte de pistaches

 que l’on vient de préparer

qq gouttes de colorant vert

 

Alors déjà, on se prépare psychologiquement à faire des macarons longtemps avant : les blancs, ils doivent être vieux, avoir reposé dans le frigo au moins trois jours. Donc, on fait sa mayo maison (ou on essaie, pour ceux et celles qui n’y arrivent pas), on fait une crème anglaise, une crème renversée, de la pâte brisée, une semaine avant de se mettre aux macarons, histoire de passer des jaunes. Le jour J, on se prévoit une demi-heure de préparation, puis 1 heure de repos au moins, puis 30 minutes de cuisson (pour cuire toutes les plaques). Dans un deuxième temps, il vous faudra à nouveau deux fois dix minutes pour faire la crème et garnir les macarons.

Ah ça, c’est un peu de boulot, c’est sûr, et surtout beaucoup de temps, mais c’est divin…

 

On commence par mixer ensemble le sucre glace et la poudre d’amandes puis par les tamiser dans un cul de poule (et oui, le succès est à ce prix).

Ensuite, on pèse le sucre semoule et on le garde à disposition. On met une pincée de sel dans les blancs et on les monte en neige en incorporant peu à peu le sucre semoule : en deux ou trois fois, quand les œufs commencent à monter puis pour serrer les blancs. A cette meringue, on ajoute le colorant vert et on redonne un dernier coup de fouet.

Avec une marise, on intègre le mélange sucre glace et poudre d’amande très délicatement dans la meringue en le versant en pluie régulière (faites-vous pousser un bras, c’est plus facile).

L’appareil à macaron est prêt.

Recouvrez de papier sulfurisé ou d’une feuille de silicone3 ou 4 plaques à pâtisserie (ou des moules…). Si vous utilisez du sulfu, collez-le à la plaque avec un tout petit peu d’appareil à macaron, pour que rien ne s’envole.

Il vous faut maintenant une poche à douille et une douille de 8 de diamètre. Coupez le bout de la poche pour ôter un petit triangle, et insérer de l’autre côté votre douille. Votre arme fatale est prête. Entortillez un peu la poche juste au-dessus de la douille et enfoncez ce tortillon dans la douille, cela vous permet d’introduire la préparation sans voir vos efforts réduits à néant en la laissant s’échapper de l’autre côté. Rabattez le haut de la poche sur votre main et servez-vous en pour racler la préparation que vous versez dans la poche. Puis posez la poche à plat et poussez bien fermement vers la douille avec la tranche de la main, sans laisser pénétrer d’air. Je détaille pour que vous n’ayez pas de soucis pendant la réalisation. Entortillez maintenant le haut de la poche pour que l’appareil descende au fur et à mesure. Le tortillon du bas va se détortiller et l’appareil va arriver à hauteur de la douille, c’est là que tout commence. Tenez-vous droit devant votre plaque, la poche bien à la verticale. Quand on commence à pousser un macaron on reste fixe, quand on arrive à la taille souhaitée, on arrête de pousser et on donne une légère rotation dans le macaron pour éviter une pointe. On soulève la poche et on entortille à chaque fois la poche en haut. On espace bien chaque macaron pour lui laisser la place de s’étaler un peu.

A vous de jouer. Une fois couchés, les macarons doivent « croûter » une heure au calme et au chaud.

 

Pendant ce temps, réalisez la pâte de pistache : Mixez les pistaches mondées en poudre bien fine et ajoutez de l’huile de pistache ou de tournesol. Conservez cette pâte dans un pot à confiture, au frigo ou au moins dans un placard. Emiettez-en un peu sur la moitié des macarons.

 

Après une heure, préchauffez votre four à 150°C. Mon four est à chaleur tournante, mais je ne suis pas complètement satisfaite du résultat lorsque j’enfourne plusieurs plaques à la fois. Je préfère donc le mettre en chaleur statique et prendre mon temps, une plaque à la fois. Je les passe chacune 10 à 12 minutes, jusqu’à ce qu’une légère coloration apparaisse et que la croûte soit sèche mais pas dure (testez par vous-même).

Laissez refroidir sur plaque et décollez à froid.

 

Passons à la crème. Battez dans un récipient l’œuf et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse, puis ajoutez la poudre à crème. Pesez 50 grammes de beurre et détaillez-le en petits cubes dans une assiette. Faites bouillir le lait avec la pâte de pistaches et le colorant. Versez sur l’appareil, fouettez à peine et remettez sur le feu. Remuez sans cesse pendant deux minutes le temps que le mélange épaississe (faites des huit avec votre fouet en raclant bien le fond de la casserole pour éviter que la crème accroche). Dès les premiers bouillons, éteignez le feu et introduisez le beurre. Un dernier coup de fouet et on débarrasse dans un petit cul de poule. Laissez refroidir.

Travaillez les 50 autres grammes de beurre en pommade : laissez-le dans un petit bol à l’air ambiant et coupé en petits morceaux, revenez un peu plus tard et donnez-lui un coup de cuillère ou de spatule pour lui donner une consistance de pommade.

Mélangez intimement la crème froide et le beurre pommade.

Ne reste plus qu’à garnir les macarons : je vous explique aussi, ou vous vous débrouillez tout seul ? Une petite cuillère sur la coque nature, on colle la coque parsemée de pistaches en poudre. Et on fait un joli plateau.

Conservez vos petits trésors au frais, deux ou trois jours maximum.

 

Pour une fois, ma grande crevette a accepté de goûter mes gâteaux, faut dire s’ils étaient bons !

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Sur la base d’une recette de «Macarons » chez Hachette pratique.