Quelle course ces derniers jours ! Entre les rendez-vous médecin, les répèts de théâtre, et les cinés, je suis exténuée ! Il faut dire qu’il m’en faut peu pour avoir envie de m’effondrer… La sage femme m’a même prescrit des bas de contention, c’est pour dire à quel point mes jambes ont du mal à me porter. Je viens ainsi de découvrir un monde ultra glamour dans l’arrière boutique de la pharmacie mutualiste. Je ne pensais pas qu’un jour la sécurité sociale contribuerait à ma garde-robe. Enfin, ils ne sont pas si moches que ça ces fameux bas… Ils vont même de donner un style certain à la maison… Pas sûr non plus que ça rameute les foules quand même. Mais tant que ça calme mes accès de grattage inopinés, je suis preneuse !

Petit dîner entre amis hier au soir. Invitation bien sympathique, je me propose pour amener le dessert. J’avais un timing un peu serré pour la cuisson car j’avais rendez-vous avec une copine pour aller voir Vilaine, film plutôt marrant soit dit en passant. Grosso modo, je devais attendre la tarte et l’embarquer à peine sortie du four dans la voiture. Ce n’est pas non plus très périlleux, c’est vrai, mais la dernière fois que j’avais fait cela, ça avait tourné au désastre. Il y a prescription heureusement mais c’est pas très rassurant lorsque l’on doit affronter ses vieux démons. Ça devait être en Juillet 2001, je n’étais pas encore cuisinière mais j’avais accepté de m’occuper du catering (logistique cuisine) pour un court-métrage que tournait en Corse une amie réalisatrice. Je n’avais aucune idée de comment faire mais j’avais très envie de participer à l’aventure et de faire un peu de figuration pour elle. Je me suis donc débrouillée avec les moyens du bord et beaucoup d’aide de mes amies. Leur maman leur avait prêté sa voiture pour le tournage et c’est moi en fait qui la conduisais.

Pour un déjeuner, j’avais préparé deux belles tartes aux quetsches bien rouges. J’étais déjà en retard sur mon planning et j’étais rongée par le stress. J’ai attrapé mes tartes brûlantes et les ai posées sur le siège passager avec un ou deux torchons pour les caler tant bien que mal. Me voici donc partie dans les rues de Bastia direction le lieu de tournage. A tout casser, un kilomètre à faire, mais beaucoup de vivres à emmener. J’allais à trente à l’heure maximum mais une tarte commençait à s’échapper et à couler sur le siège. J’ai voulu l’en empêcher d’un geste protecteur et je n’ai pas suivi en même temps le virage qui s’amorçait… Je suis donc rentrée dans une voiture garée, j’ai plié la voiture de mes amies et mes tartes ont volé sur le pare-brise. Un gentil monsieur est venu me secourir et m’a emmenée en pleurs dans son bureau, à l’étage de la « délinquance juvénile » (ça ne s’invente pas !). Il avait appelé les pompiers qui à la vue de mes bras rouges ont insisté pour me traîner aux Urgences. Ils pensaient que j’étais blessée vu tout le jus de quetsches qui recouvrait mes bras… Il y a eu finalement beaucoup plus de peur que de mal, mais retenter l’expérience « tarte sur un siège brûlant » a plutôt tendance à me refroidir.

Enfin tout c’est bien passé et nous sommes toutes deux arrivées à bon port.

Cette tarte est une variante de la recette de tarte aux poires amandine aux châtaignes. Le goût de la crème de marron est moins prononcé mais je crois qu’elle a été appréciée même si nous étions déjà bien calés après la fondue bourguignonne…

Comptez 30 minutes de préparation et 40 minutes de cuisson

Pour un moule à tartecuisine_373

75g de farine de seigle

75g de farine de blé

75g de beurre

20g de sucre

1 jaune d’oeuf

1 pincée de sel

100g de poudre d’amande

100g de crème de châtaigne

3 œufs

10cl de crème

40g de sucre

3 ou 4 pommes

Préparez la pâte brisée : réunissez les farines en puit avec le sucre et le sel. Ajoutez au centre le beurre en petits dés et formez des miettes en aplatissant d’abord avec le bout des doigts puis avec le plat de la main comme si vous vous les frottiez. Lorsque vous arrivez à une texture de sable, ajoutez le jaune d’œuf et 5 cl d’eau. Amalgamez rapidement pour obtenir une boule de pâte compacte. Farinez et laissez reposer au frais au moins 20 minutes.

Préchauffez votre four à 200°C.

Préparez la gourmande en mélangeant d’abord la poudre d’amande et le sucre avec la crème de châtaigne puis les œufs et enfin la crème. Ajoutez une lichée de rhum si ça vous chante…

Epluchez les pommes, évidez-les et coupez-les en tranches fines.

Beurrez votre moule à tarte. Sortez la pâte et étalez-la sur un plan de travail bien fariné. Chemisez votre moule, piquez-le avec une fourchette et disposez les pommes. Recouvrez avec la gourmande et enfournez pour 40 minutes.

Servez tiède, c’est encore meilleur !