Pouhhh ! Je deviens de moins en moins courageuse face à l’adversité à vrai dire… Je ne devrais pas le dire mais me lever du canapé devient un exploit en soi. J’arrive encore par moment à me motiver et dans ces moments-là, je ne m’arrête plus de peur de ne plus pouvoir redémarrer ensuite. Peut-être que mon doux et tendre pourrait me changer la batterie et les bougies comme il l’a fait ce week-end pour la voiture. Si tout pouvait être aussi simple que la mécanique !

Quoique là, j’avance je crois sur un terrain glissant et que je suis loin de maîtriser. Je suis allergique à tout ce qui entre en relation avec un moteur. Je suis tout bonnement incapable de fixer mon attention sur une conversation qui porte sur la voiture : Dès que les mots : « roues, chevaux, embrayage, freins » et autres vulgarités sont prononcées de façon un peu trop rapprochée, je déconnecte.

Je sais que c’est une attitude foncièrement rétrograde, qui discréditerait presque certains élans assez féministes que je peux avoir par ailleurs, mais c’est au-dessus de mes forces. J’ai beau lutter, ça m’insupporte au plus haut point. Je n’arrive pas à trouver une once de glamour dans le cambouis.

Alors que le topinambour, ça c’est glamour !

Remettre au goût du jour quelque chose qui était passé de mode, c’est le leitmotiv de toute fashionita qui se respecte ! Faire revivre des tubercules oubliés (retrouvés depuis un bout de temps il est vrai…), ça, ça m’a tirée hors du canapé… Ça m’a rechargé la batterie…

C’est sûr que quand on voit les monstres, il faut un peu de motivation.

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J’ai remercié mon amie et professeur (de théâtre et travail vocal) de m’avoir amené de son jardin extraordinaire tous ces topinambours mais quand j’ai réalisé que je devrais passer par la case épluchage, c’est devenu une autre histoire : Une patate, une pomme, une poire, c’est rond ou lisse ou en tout cas épluchable ; un topinambour, c’est vachement tarabiscoté… Eh bien, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis repassée par la case canapé armée de mon économe et d’un couteau d’office. Après avoir détaché tous les reliefs, la tâche paraît beaucoup moins ardue et puis la curiosité gustative viendrait à bout de n’importe quel Everest comestible. Alors j’ai escaladé mon Mont-Blanc du dimanche pour atteindre un sommet du goût que je n’avais pas encore eu l’occasion de faire découvrir ni à ma petite huître perlière, ni à mon doux et tendre.

Une fois l’épluchage effectuer, c’est une recette qui prend 2 minutes de préparation et occasionne des

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petits gémissements de plaisir irrépressibles.

Ce goût d’artichaut, cette texture épaisse… Je suis juste déçue de ne pas en avoir cuisiné plus tôt !

Pour 4 personnes

1 kg de topinambours

100 g de riz

50 cl de lait

50 cl d’eau

1 cube de bouillon de volaille

sel/poivre

Epluchez soigneusement les topinambours et lavez-les bien. Coupez-les en morceaux réguliers et versez-les dans une casserole avec le riz rincé, le lait et l’eau. Ajoutez le bouillon cube, assaisonnez et mettez à cuire 40 minutes sur feu d’abord vif jusqu’à l’ébullition puis plus doux. Remuez de temps en temps et mixez en fin de course pour obtenir une belle crème bien lisse.

Que dire ? Tellement de personnes ignorent encore la saveur du topinambour que vous pouvez vous permettre de servir ce velouté comme une entrée de fêtes.

J’ai confectionné au dernier moment des Chips de parmesan avec un peu de parmesan râpé déposé en cercle dans une poêle bien chaude sur feu moyen. Lorsque le fromage a fondu et commence à dorer par en-dessous, un coup de spatule pour tourner la galette et on laisse dorer et sécher deux minutes de plus. Le résultat est craquant et se marie avec finesse à cette crème au parfum d’artichaut.

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Je vous rajoute quelques informations sur le topinambour, glanées sur le site toujours passionnant passeportsante.net. On en apprend vraiment tous les jours !

 
 

Le topinambour est originaire d’Amérique du Nord, mais il   semble que son appellation vienne du nom d'une peuplade du Brésil, les Tououpinambaoults,   aujourd’hui proche de l’extinction. L’association accidentelle se serait   faite en 1613, année où six Tououpinambaoults furent amenés à la cour du   roi de France – ce qui créa un grand émoi – tandis qu’on introduisait   justement dans le pays un nouveau tubercule qui suscita lui aussi un vif   intérêt. Ce double engouement aurait entraîné la confusion de nom. On l'a   aussi appelé « artichaut d'hiver » à cause de sa saveur qui   rappelle celle de l'artichaut et du fait qu'on le consomme en hiver plutôt   qu'en été.

 

 

C'est Samuel de Champlain qui, au XVIIe siècle, introduit le topinambour en France où il est rapidement adopté comme aliment. Toutefois, il est graduellement éclipsé par la pomme de terre et finit par être relégué au rang de nourriture pour le bétail, à l'exception de la période de la Deuxième Guerre mondiale, où on le consomme de nouveau, les récoltes de pomme de terre étant soit détruites soit réquisitionnées par les troupes allemandes. Mais les Français ne lui pardonnent jamais ce retour forcé. Si bien que, à la fin de la guerre, il disparaîtra des potagers et des caveaux du pays. Par contre, on le cultive industriellement, car entre-temps, on lui a découvert de nombreux usages : fabrication d'un éthanol de qualité, édulcorant, médicaments, etc.

Le topinambour est un légume racine peu connu. Ses principaux composés sont l'inuline et l’oligofructose, des glucides de la famille des fructanes présents également dans le blé, la chicorée, l’asperge, l’oignon et l’ail. Bien que le blé et l’oignon soient les deux principales sources d’inuline et d’oligofructose de la diète nord-américaine, ce sont la chicorée et le topinambour qui en sont les sources les plus concentrées. Ces glucides ne sont pas absorbés par l’organisme, ce qui leur confère des propriétés santé particulières au niveau intestinal.

Comme les fructanes ne peuvent être digérés dans la partie supérieure du tube digestif, ils peuvent atteindre le côlon et modifier la composition de la flore intestinale en stimulant la croissance des bonnes bactéries (bifidobactéries) et en réduisant les espèces potentiellement nuisibles. Cet effet serait observé à des doses aussi minimes que 5 g d’inuline par jour. Fait à noter, le topinambour contient environ 18 g d’inuline et 13 g d’oligofructose par 100 g.

La présence de bonnes bactéries dans le côlon est essentielle pour la prévention de plusieurs maladies et pour le maintien de la santé. Ainsi, de façon générale, les fructanes participent à l'équilibre de la flore intestinale et peuvent réduire la constipation.

 Des études ont aussi démontré que l’inuline et l’oligofructose pouvaient augmenter de façon significative l’absorption du calcium et du magnésium dans l’intestin. D’autres présentent des résultats prometteurs quant à la prévention des cancers du côlon et du sein.

Le topinambour est une excellente source de fer qui contribue au transport de l'oxygène vers les cellules, notamment les cellules musculaires. La carence en fer entraîne l'anémie qui, elle, provoque de la faiblesse, de la fatigue et parfois de la dépression. Durant la grossesse, la carence en fer augmente les risques d'accoucher prématurément d'un enfant de faible poids. Chez les enfants, elle peut se traduire par des retards sur le plan de la croissance et des problèmes de comportement. Chez les adolescentes, où on la rencontre fréquemment, la carence en fer affecte la capacité de mémorisation et d'apprentissage