Avertissement: ce message est à caractère purement informatif et ne contient ni recette ni critique gastronomique, restez vigilants! ;-)

C'est le printemps, le soleil brille, les oiseaux chantent... j'avais abandonné mon blog depuis trop longtemps.

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Je me suis laissée emporter par le quotidien, j'ai rempli chaque instant pour ne pas avoir à réfléchir sur ce qui était important, jusqu'à en oublier les priorités: être bien au présent, pour profiter de tous ceux qui nous entourent. 

Et puis le 18 janvier, j'ai fait une pancréatite aiguë, et là, mon optique a changé. C'est drôle les mots: on a une grippe, un rhume, une angine... Mais on FAIT une pancréatite. 

Alors pour ceux qui ne savent pas ce qu'est une pancréatite aiguë, et franchement j'étais dans ce cas il y a 3 mois... C'est ton pancréas qui décide de se digérer tout seul avec ses petits sucs gastriques, peinard, dans son coin. Tout ça, soit parce que tu as des problèmes d'alcoolisme, soit parce qu'un calcul malin vient se positionner là où il ne faut pas, et empêche les sucs de s'écouler. Personnellement, j'ai eu beaucoup de chance, parce que ma pancréatite m'a juste tordue de douleur pendant 12 heures non stop, jusqu'à ce qu'on me donne enfin de la morphine et que l'on me mette à jeun pendant 3 jours, mais les médecins m'ont dit qu'il était fréquent d'aller jusqu'au coma. Rassurant.

Surtout lorsqu'on vous relâche sans autre réponse que "vous n'êtes pas alcoolique, c'est bien biliaire (un calcul venu du foie), mangez moins gras et on verra la prochaine fois, ou peut-être pas".

Je suis rentrée chez moi lessivée, sans la moindre énergie, sans le moindre appétit, sans le moindre espoir pour comprendre pourquoi mon foie m'en fait voir de toutes les couleurs (en remontant les billets du blog, vous tomberiez sur des épisodes de cholestases gravidiques, de vésicules biliaires à mettre au rebut... Épisodes qui selon les différents gastro-entérologues consultés, n'ont rien à voir entre eux). Pendant ce séjour à l'hopital, j'avais eu le temps de me croire alcoolique, parce que je suis épicurienne, parce que je bois deux verres de rouge le soir avec mon dîner, j'avais eu le temps de m'accuser de tous les maux, de battre ma coulpe et de m'épuiser toute seule, en mangeant les plateaux repas ignobles du CHU (lorsqu'on a enfin daigné me passer de la basique biscotte industrielle, fromage blanc à 0%, soupe Royco lyophilisée et compote pleine de sucre... Au repas "léger", où se côtoient joyeusement poisson pané saturé en graisses, macaroni au gruyère râpé bas de gamme noyés dans la margarine et desserts lactés tenus par tous les produits chimiques existants dans le monde merveilleux de l'industrie agroalimentaire).

j'étais au bord de moi-même, je pleurais pour un rien, ne supportais plus rien, ressentais encore les douleurs qui avaient précédé la pancréatite. Je me sentais en standby.

Et puis, une intuition, j'ai enfin écouté une envie: j'ai rappelé des amies que j'avais mis de côté, peut-être parce qu'elles touchaient trop juste là où cela fait mal.

Sous leurs conseils, je me suis mise à suivre mon chemin, pour comprendre ce corps dont je m'étais dissociée: je suis allée voir un homéopathe acuponcteur, qui a compris mes maux. J'ai consulté une réflexologue qui m'a permis de mettre des mots sur tout ce que j'avais enfoui si profondément mais qui restait bien là et engluait mon foie et mon corps. Je continue à me ressourcer dans le plus joli coin de nature de la Toscane auvergnate, auprès de mon ancienne professeur de théâtre et aujourd'hui au combien amie, qui par le travail de la voix et des techniques d'arthérapie qu'elle a personnalisées, accomplit des choses fantastiques. Je me suis même prêtée à un bilan sanguin peu ordinaire prescrit par une amie dentiste hollistique (oui oui, ça existe, même chez nous!) pour connaître les petites plantes qui aideraient mon corps à se sentir mieux!

j'ai aussi et surtout, décidé de changé mon alimentation, en suivant les conseils d'une naturopathe avec qui j'ai discuté des heures et qui me suit toujours via mail. Et ça je pense que je vous en parlerais maintenant bien davantage, avec ce redémarrage bloguesque...

Aujourd'hui, je me sens bien mieux que l'année dernière, j'ai compris beaucoup de choses et je réintègre doucement mais pleinement ce corps dont je m'étais éloignée. C'est peut-être bizarre comme affirmation, mais c'est pourtant ce que je ressens. Comme si je sortais d'un hiver rigoureux pour me plonger gaiement dans un printemps prometteur. 

J'ai envie de profiter de mes filles, de vous, d'écrire, de dessiner... Et de cuisiner bien sûr!

Le régime prescrit par ma naturopathe avait pour but de désintoxiquer mon foie, de le drainer complètement. Je l'ai suivi à la lettre pendant deux mois et mes douleurs ont disparue. mais se concocter des jus de légumes frais additionnés d'herbes de blé ou d'orge broyées deux fois par jour, éliminer totalement de son alimentation le gluten, les produits laitiers (de chèvre et de brebis également), le sucre quel qu'il soit, était très contraignant pour une cuisinière comme moi. Bonne élève, j'obéissais mais je continuais à perdre du poids et je n'étais pas dans l'optique rentrer dans mon maillot cet été... Pour moi descendre en dessous de 50 kilos me paraissait excessif.

j'avais besoin de retrouver la notion de plaisir et de liberté. 

Au milieu de tout cela, j'ai assisté à la conférence du Professeur Joyeux et suis en train de lire son livre. lorsque je l'aurai terminé, je me permettrais d'écrire un peu là-dessus. 

Comme le corps et l'esprit vont mieux, j'ai décidé d'assouplir mes contraintes alimentaires pour qu'elles deviennent des choix, assumés et plaisants. Je mange au maximum sans gluten et sans produits laitiers, mais je me permets sans culpabiliser de croquer dans un gâteau que nous avons fait au restaurant ou avec les filles. Ainsi, je remets du sucre dans ma vie: du miel, du sucre blond, du sirop d'agave, du sucre de coco. Rien de raffiné bien sûr!

Le soir, les légumes, légumineuses et céréales se multiplient sur ma table (au grand dam de ma grande crevette): je mange végé, tout en proposant encore de la viande ou du poisson à ma petite famille (même si je caresse l'espoir qu'un jour ils se contentent aussi de belles assiettes garnies végétariennes).

Par contre, je me suis résolue à ne boire qu'un verre de vin de temps en temps... Et très étrangement, cela ne me manque pas!

Tout ce long discours pour que vous compreniez les changements qu'il y aura très certainement dans mon blog, si tant est que je me donne encore le temps d'écrire régulièrement, comme je le souhaite. je vais sûrement vous parler gluten, alternatives, flocons d'azuki, levain de quinoa, huile de coco et autres joyeusetés. je vais très certainement aussi redevenir un peu plus militante... 

Mais cela, ce sera dans le prochain épisode! ;)