Je continue dans la rubrique "Je teste pour vous les restaurants". Quel dévouement pour mes lecteurs n'est-ce pas?!

A la suite de l'interview que Cyrille Zen m'a accordée pour mon émission radio "La table de Clémence" sur RCF Puy de Dôme (que vous pouvez encore écouter, en léger différé samedi prochain (7 juin) à 8h40, ou dimanche 8 juin à 9h30 sur le 91.6 FM à Clermont (mais ça je vous le redirai sur Twitter et Facebook en temps et en heure...), j'avais très envie de goûter pour de vrai la cuisine qu'il avait imaginé pour son "Bistrot gastronomique".

IMG_0121IMG_0119IMG_0122

L'équipe du Bistrot: de gauche à droite: Mathieu Cadier, en salle pour votre bonheur; Bruno Corny, à l'accueil et à la tête du Bistrot avec Cyrille Zen; sa femme Audrey, de passage pour l'occasion, mais fidèle à la Bergerie; une adorable stagiaire mexicaine; Clément Colombier, le chef du Bistrot; et Guillaume Roussel, à notre service et à celui des enfants de passage (malgré sa carrure, il adore les princesses et les chateaux)

 

Lorsque j'attendais le très affairé et néanmoins adorable Cyrille, à la terrasse de ce nouvel établissement en compagnie de son chaleureux partenaire Bruno Corny, Guillaume et Mathieu m'avaient proposé de goûter un dessert. Mais à 18h, j'avoue que j'aurais été plus tentée par un apéritif et une petite entrée... Cela n'aurait pas été très raisonnable avant de rejoindre ma petite famille affamée. Et puis cela m'aurait amené à commander une petite bière, et j'aurais été un peu plus critique, parce que pour l'instant, pas de bières locales à la carte, et là, mon amitié pour Anne-Lise et JB du Plan B, ou mon affection pour Charly de la brasserie de l'Alagnon, auraient été en peine.

Bref, je suis revenue de Montpeyroux avec la furieuse envie d'y retourner très vite. Un petit mot sur les réseaux, une réponse immédiate de Ghislaine, LA testeuse clermontoise officielle de tout ce qui se goûte, se voit, se fait, se lit en Auvergne et ailleurs, et notre table était réservée pour le dimanche suivant.

Le soleil était au rendez-vous, Montpeyroux, un des plus beaux villages de France, n'en était que plus joli, et nous avons pu profiter de la terrasse, avec ma petite famille et Ghislaine (le choix avait été cornélien entre une super table dans une alcôve voutée et cette charmante terrasse au pied d'un bel escalier, avec vue c'est vrai sur quelques voitures des heureux villageois privilégiés, mais bon).

Nous avons vraiment passé un moment très agréable, mes filles débordantes d'énergie pouvaient se dégourdir les pattes (ou presque puisqu'elles se sont fait gentiment virées des escaliers du voisin qui n'appréciait pas trop ces allers venus bambinesques...) et le serveur a su les séduire en deux coups de cuillère à pot. Un vrai plus pour des parents qui se tâtent à emmener leur progéniture dans de bons restaurants.

Enfin, venons-en à la partie critique objective: le cadre est vraiment agréable: le restaurant a été très bien restauré, en conservant la pierre brute et les volumes imbriqués les uns dans les autres. Si vous êtes un peu grand, il faut penser à se baisser un peu pour éviter de se prendre un arc de voute en pleine tête, mais cela fait partie du charme! Beaucoup de chaleur et un côté très intime. La mosaïque de miroirs dans les toilettes, conservée d'un ancien propriétaire,  est elle aussi à voir (et tant qu'on en est aux toilettes: détail important pour les parents de jeunes enfants: il y a aussi une lunette réduite pour leurs séants délicats. La classe n'attend pas le nombre des années ;-))

Après cette petite digression, on passe sans transition au contenu des assiettes.

Avec Ghislaine et Homme, nous nous sommes fait un devoir de tout goûter de la carte éphémère.

Après un kir au Birlou accompagné de rillettes subtilement parfumées à l'estragon et servies généreusement avec du très bon pain et des tranches de saucisson (de chez Delherm je suppose), chacun s'est retrouvé avec une entrée différente.

IMG_0176

Les filles ont été servies en premier: le menu enfant à 12 euros est en fait une compression du menu adulte: un plat de la carte au choix, en petite portion  (pour développer les papilles des petits gourmands), suivi soit d'un dessert de la carte, soit d'une boule de glace... (et à ma grande surprise, elles ont presque tout mangé!)

Pour moi c'était "Rillettes de lapin aux aromates, condiment pruneaux-moutarde pourpre de Charroux", simple mais très goûteux et efficace. Une très jolie présentation, signe que Clément Colombier, choisi par Cyrille Zen pour tenir la cuisine du Bistrot, après avoir officié longtemps comme second avec lui à la Bergerie de Sarpoil, est un cuisinier précis dans ses gestes et ses assaisonnements.

IMG_0182

Homme s'est vu servir sa "Galette parmentière aux herbes, saumon fumé artisanal du Sichon, crème raifort-agrumes" dans un joli Bento Monbento, dont je vous parlais ici, et les Frites de Cantal de Ghislaine étaient une tuerie. Inutile de dire que tout était très bon!

Mention spéciale pour le pain d'Arthur (mais qui est donc cet Arthur?), boulanger aux Martres de Veyre, servi entier dans des petits sachets à viennoiserie estampillés du logo du Bistrot Zen, et laissé à disposition des convives avec un mini couteau à pain. Encore un petit détail séduisant!

Pour le plat, j'ai hérité du "Suprême de volailles fermière d’Auvergne, asperges et crème de morilles", après de longues hésitations avec Ghislaine.

Là encore, un très bel assaisonnement, une assiette gourmande, pas non plus surchargée et une purée de patates douces à la cacahuète à se damner. On sentait que la volaille avait eu le loisir de courir et de profiter de la vie avant de la finir dignement entourée de ces croquantes asperges vertes.

Le dos de cabillaud de Ghislaine était également bien réussi (mais pour en savoir plus, je vous laisse lire son compte-rendu détaillé!)

Quant aux desserts, j'ai laissé à mon homme le baba que je convoitais... Mais je n'ai pas été déçue par le" vacherin revisité caramel et spéculos", au bon goût de cannelle et de dulce de leche.

..IMG_0201IMG_0203

Le baba manquait de rhum au départ (mais j'avoue qu'il serait de mauvais alois de proposer de but en blanc, un baba trop dosé sans connaître les goûts de ses hôtes) mais on vous propose très facilement une rasade supplémentaire pour agrémenter les choses.

Et tant qu'on est dans la rubrique alcool, nous avions accompagné ce repas du dimanche d'une bouteille d'Arkose d'Yvan Bernard, vigneron en bio installé à Montpeyroux. Une valeur sûre, pour rester dans l'esprit locavore!

Verdict: un Bistrot gastronomique où se rendre les yeux fermés (ouvert le dimanche soir!), un service vraiment adorable, un accueil convivial et attentionné. Il faut avoir un peu de temps devant soi, c'est vrai (arrivés à midi, nous sommes repartis à 15h00 facilement) mais la qualité est là et je crois qu'ils ne sont que deux derrière les fourneaux: Clément et une stagiaire mexicaine de l'école de cuisine Yann Gallon (qui sera ravie d'échanger avec vous quelques mots en espagnol!)

Les tarifs: 19 euros le midi en semaine pour un plat et un dessert, ou une entrée et un plat, 29 euros pour le menu complet. La bouteille de vin d'Yvan Bernard était à 21 euros, raisonnable ma foi.

Et pour ce qui est des distractions culturelles et pédagogiques à faire à Montpeyroux, Ghislaine a aussi pensé à vous raconter tout dans le détail par ici! ;-)

Le Bistrot Zen Rue de la Grande Charreyre 63114 Montpeyroux

Téléphone : 04 73 96 95 36 contact@lebistrotzen.com

IMG_0172

Ghislaine et moi, juste avant les agapes.

IMG_0174