Hier midi, nous sommes allé tester le restaurant dont j'avais plus ou moins entendu parler dans mes cercles bios et locaux. Le Bistrot du Vigneron existe depuis peut-être un an maintenant mais se fait encore discret (me semble-t-il) dans la "gastronophère" (oui, je suis d'humeur innovatrice ce soir!) auvergnate...

Avec des amis, nous nous promettons un dîner là-bas depuis quelques mois, mais avant que le rendez-vous ne se confirme... Les carottes et les raves seront à nouveau le seul met de choix... (à bon entendeur ;-))

Donc, j'ai craqué avant, et nous voici en tête à tête au Bistrot un midi pluvieux... Accueil charmant, installation rapide sur une table volontairement (de la part du propriétaire) trop grande pour nous deux... Qui a été vite comblée (ou presque) par deux charmantes dames, qui elles aussi semblaient novices...

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On nous annonce la couleur direct: ici, c'est un accueil à la ferme, ... mais à la ville. Les produits sont au maximum issus des circuits courts, voire même de l'exploitation du propriétaire, Benoît Porteillat. La déco est elle aussi champêtre: les tables, les chaises et les sets de table vous donnent l'impression d'être chez mamie et des petites fleurs des champs ont seules le droit de siéger entre les ardoises.

A l'apéritif, au choix: le riquiqui maison, ou le jus de pomme et raisin... maison aussi. Bon, on choisi l'option avec alcool (on ne se refait pas). Rien de mémorable mais sympathique.

Les plats du jour donnent envie: truite en papillotte à la feuille de vigne, ou samossa d'agneau. L'oeuf de canne brouillé avait déjà trouvé preneur, ce sera donc pour une autre fois (ou pas d'ailleurs, parce que je ne vais pas non plus courir après en fait).

Tous les produits sont expliqués le sourire au lèvre par Benoît, qui a le tutoiement facile, et c'est tant mieux: les truites viennent de Saint Diéry, la fleur de ciboulette a été cueillie le matin même, les pâtes sont faites maison avec de la farine d'un copain minotier... etc etc... Un vrai poème!

On s'attend donc à une explosion de saveurs, parce que dès le départ, les valeurs prônées vont dans le bon sens.

Et là, c'est un peu la déception, pas beaucoup de goût, des sauces peu salées, des pâtes trop molles, du romarin qui ne sent presque rien... ça manque vraiment de caractère. On sent qu'il ne manque presque rien, un peu plus d'investissement, de prises de risque, des cuissons à peine plus maîtrisées...  La salade craquait un peu sous la dent, à moins que ce ne soient les carottes...

Et puis, il manque de choix niveau vin... Benoît est producteur de vin, d'accord, mais il n'empêche que ce serait bien de pouvoir boire autre chose que la cuvée du patron... Son gris perlé est un peu sucré et hume grave le champignon, pas très agréable, j'avoue, et vraiment pas en accord avec les samossas d'agneau, malgré ses conseils. L'autre gris qu'Homme a pris pour accompagner sa truite comme le suggérait le patron, passait à peu près... Mais sans plus.

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Niveau plateau de fromage, rien à dire par contre: 3.50 euros, service à volonté de Bleu de Laqueuille acheté presque sous le manteau, fait au lait cru, un vrai bonheur, comme le saint Nectaire de chez Randanne et les tommes de brebis... Le tout avec une confiture d'églantine du Tango des Saveurs. Zéro faute.

La pompe au pommes était elle aussi assez bien réussie et racontée avec amour.

La cuisinière, Carole, fait à la fin du service un tour en salle pour récolter l'avis des clients et discuter un peu. Une jolie attention, qui va bien avec l'ambiance du lieu.

L'addition était raisonnable: 33 euros pour deux avec 2 verres de vin et 2 cafés.

Le sourire et l'entrain de Benoît Porteillat, amoureux de son métier rachètent les erreurs culinaires, qui je suis sûre, se gommeront avec le temps et les remarques amicales des clients!

Le Bistrot du Vigneron

6 rue Breschet

63000 Clermont-Ferrand

0473908551