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Cela fait maintenant 3 bons mois que le camion noir de MonBento sillonne les rues clermontoises pour faire découvrir aux auvergnats les joies de la streetfood: le camion pizza sans la pizza dedans.
Je n'avais pas encore trouvé le temps d'y faire un tour malgré le nombre important de lieux différents où Les Bouchées branche sa batterie et déploie son auvent: La Pardieu, la Gare Routière, le Zénith avant concert, la Coopé pour les Afterwork, Des idées pour la Cuisine ou encore Zodiô pour des goûters gourmands le samedi après-midi... Les occasions sont nombreuses pour rentrer dans le club très peu fermé des happy fews.
Mais comme me voici de retour dans le monde merveilleux de la collectivité le matin de 7h à15h, avant de m'adonner gaiement à la promotion des produits locaux, bio et de saison le soir (j'ai toujours aimé les grands écarts, et garde toujours l'espoir fou qu'un jour ces mondes se rencontreront!) je ne pouvais malheureusement pas tester ce nouveau "concept" made in Clermont.

Alors, pour une fois que j'avais mon mercredi de libre (ou presque) je me suis ruée à la gare routière où le foodtruck Monbento avait jeté l'ancre.

Camion en vue à 12h05. Il faisait beau, il ne sentait même pas le gasoil chaud... Une petite dizaine d'étudiants souriants étaient dispersés devant la banque. Pas facile de comprendre le sens de la marche lorsque l'on n'est pas un habitué.

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J'ai d'abord observé de loin, attendant un signe de Capucine ou de Simon, deux des créateurs des Bouchées, pour approcher et commander. Pas d'indication écrite quant au modus operandi, juste le menu, et c'est déjà beaucoup!

Les gourmands pressés ont maintenant la possibilité de commander le matin pour être servis plus rapidement, mais je voulais vivre l'expérience en totale immersion, et attendre comme un client lambda.

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Bon, passé le moment d'agacement: "Je suis transparente, qu'est-ce que je dois faire?" (qui a tout de même duré une dizaine de minutes), le temps passe assez vite. C'est vrai que les cuissons s'effectuant dos au client, on se sent un peu mis de côté malgré les sourires et les rires en cascade de Capucine qui s'occupe de chacun à son tour, de manière très organisée.

Elle appelle entre deux préparations et passages de commandes, ceux qui ont réservé par téléphone.

12h20: J'approche enfin du camion. Je choisis les bouchées chèvres et noix et en sucré, les bouchées caramel/chocolat et pommes. Lorsque je donne mon prénom, les pros de la bouchées se retournent et me sourient: de l'intérêt de bloguer et de tweeter et retweeter gaiement.

Il faut dire que Capucine Levai et Simon Deguirard sont des blogueurs bien plus avertis que moi, qui ont créé avec deux autres palais aiguisés  Student Food, pendant leurs études en communication, où même ceux qui ont vu leurs cartes d'étudiants, citéjeune et autres passes miracles, expirer depuis belle lurette, peuvent régaler leurs mirettes et leurs papilles (petit coup de coeur pour le clip déjanté  qui figure dans le billet sur la soirée au Batofar, autodérision et pornfood à déguster sans modération).

Alors on se connaît sans se connaître, et j'étais ravie de pouvoir discuter enfin un petit peu avec ceux dont j'avais tant entendus parler, autant côté blog que côté cuisine. 20/20 donc pour l'accueil souriant et le petit godet de thé offert une fois la commande passée.

Petits échanges de nouvelles, un clin d'oeil à Ghislaine (adepte du camion noir depuis bien longtemps!), petites questions minutes sur leur aventure camionnesque.. Et je suis repartie avec mon petit sac kraft, rempli de bouchées. A 12h40...

35 minutes pour avoir mon repas. Bon, je n'étais pas pressée, et si j'avais voulu, j'aurais pu griller la queue en appelant à l'avance. Et puis, Simon me disait qu'ils testaient la livraison, et que l'équipe de production s'en trouvait restreinte. Je ne leur en tiens dons pas trop rigueur.

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De retour chez moi, j'ai découvert leurs préparations. Un aspect visuel ma foi fort sympathique, mention spéciale pour la salade d'accompagnement par laquelle j'ai évidemment commencé: de jeunes pousses, des germes de betterave et d'alfafa, quelques cranberries et des petits croûtons frits, du vinaigre basamique et une huile charmante. A la fois simple et délicieux. De beaux produits frais sélectionnés avec goût.

Le mélange couscous et morceaux de courge confits était aussi bien choisi.

Quant aux bouchées, l'alliance chèvre et sauce aux noix était bien trouvée, la pâte était goûteuse et "gourmande" (pour utiliser un mot so 2013), type pâte à beignet cuite en moule à gaufre, mais un peu trop présente par rapport à la garniture.

A la fin, on a surtout l'impression d'avoir mangé de la pâte et on est en manque de ce qu'il y avait dedans.

Même principe pour les bouchées sucrées: les garnitures sont au top (même si trop sucrées à mon goût, mais j'avoue être mauvais juge et trop vite saturée en sucre), la sauce est très plaisante, mais on regrette de ne pas avoir plus à mâcher dans la boulette...

Enfin, la formule est agréable, change du burger et de la frite grasse. On a un menu équilibré qui change de l'ordinaire pour 10 euros. OK, ce n'est pas complètement donné et on n'a pas de quoi poser une fesse au chaud... Mais pour ceux qui sont coincés en zone artisanale toute la journée au milieu des lapins et de l'autoroute, cela permet de changer d'air et de paysage.

Je vous conseille donc l'expérience, surtout si vous avez un endroit pour manger votre butin tranquillement, et un peu de temps devant vous...

Côté coulisses, il faut savoir que Frédéric Coursol, l'ancien chef de l'Hotel Radio, est de l'aventure et partage son labo avec les nouveaux pros de la bouchée. Un grand Monsieur de la cuisine le chef Coursol, très exigeant et créatif. Il avait déjà tâté de la streetfood avec Picnic en Ville, rue Lagarlaye, qui alliait bio et bon, gastro et boulot. Le chef signe les recettes pour les Bouchées de Monbento et conseille Capucine et Simon au quotidien, tout en s'occupant entre autres choses, de sa nouvelle boutiques Les Petits Choux, dans le Grand Passage, vers la place de Jaude. Un véritable label qualité pour la jeune entreprise.

Quant à l'appartenance annoncée à la marque Monbento, je reste franchement sur ma faim... Je sais pour les suivre sur Facebook et Twitter que si l'on vient avec son bento de la marque Monbento, on bénéficie de 10% de remise,  mais si on n'est pas foodnewsaddicted comme moi, pas sûre qu'on l'apprenne facilement ni qu'on voie le rapprochement. Le camion noir n'affiche aucun logo Monbento (et le résultat est beau et sobre), je n'ai pas vu de présentoir à bentos à vendre... et j'aurais aimé avoir une possibilité de consigne pour partir avec un bento et le rendre à mon prochain (hypothétique) passage... Il me semble que cela aurait permis d'aller au bout du concept: l'usage de la bentobox est écologique et permet de ne pas jeter d'emballages même biodégradables. Pour l'instant, on est très loin du concept japonais (et mondial) de la gamelle du travailleur moderne. 

Simon me confiait qu'il avait hâte que d'autres foodtrucks s'installent à Clermont pour que les auvergnats se sensibilisent un peu plus à cette tendance déjà bien implantée ailleurs. 2014 devrait voir se réaliser très vite son voeu avec l'arrivée du Cookpit et de Roul'ma Soupe.

Nul doute que tous ces camions vont trouver bien vite leur rythme de croisière et affirmer leur personnalité avec le temps.

Chapeau à tous ces pionniers du casse-croûte moderne!