La semaine dernière, on a enchaînée les invitations. Je ne sais pas trop ce qui m’a pris, peut-être le printemps et la fin de l’hibernation, peut-être une envie de « changement, maintenant », peut-être que mes amis me manquaient… C’est p’tet ben ça en fait.

Toujours est-il qu’il fallait des idées, nouvelles, printanières et économiques aussi, parce que des asperges pour 10, ou des pois-gourmands pour douze, c’est un budget, mine de rien.

Un tour au Marché Saint-Pierre (Clermont-Ferrand), très cher à l’intérieur, mais entouré le samedi matin de petits producteurs en bio ou non, et de papis et mamies qui vendent les légumes de leur jardin ouvrier.

Entre rhubarbe et carottes, je tombe sur une botte de feuilles étranges, inconnues à mon bataillon… Un côté velouté, des petites fleurs jaunes prêtes à éclore, pas de panonceau.

IMG_1114

Intriguée, je demande au producteur, «ça ? ch’est [grRreloich]… » ^^ « -Comment vous dites ? – [grRreloich]…(avec le r bien roulé et la fin du mot indéterminée…)(avec une surprise incrédule) Vous êtes pas portugaise ??? –Ben non (ça arrive à tout le monde…)

Après quelques explications sur la façon de les cuisiner, quelques compliments sur mon homme et ma façon supposée de le régaler (malgré mon défaut intrinsèque : je ne suis pas portugaise !), je repars avec ma botte non-identifiée sous le bras. On verra bien, j’aime vivre dangereusement, entre mon canapé et ma cuisinière

Direction l’ordi, [grRreloich]… je l’écris comment ???? Allez, en enlevant l’accent, je tente « grelos » : Pan dans le mile ! Monsieur Wiki me dit :

 

« Le grelos est une pousse du brocoli-rave récoltée avant floraison, au goût rappelant les brocoli, mais en plus âcre. Très appréciés, cuits à l'eau, par les Portugais et les Galiciens, on les retrouve, à l'eau ou poêlés, en Italie, où ils servent d'accompagnement idéal à la viande de porc (« lacón con grelos ») et aux saucisses, ou pour assaisonner des pâtes (« orecchiette alle cime di rapa »). »

 

Bon, ben, reste plus qu’à mettre en pratique les conseils du marchand de grelos, rajouter ma touche, et faire goûter à tout mon jury d’experts réunis en nombre samedi dernier.

 

Pour 8 à 10 personnes (ou 4 pour 2 repas)IMG_1117

 

1 belle botte de grelos

1 boîte de pois chiches bio déjà cuits

2 ou 3 belles pommes de terre

2 œufs

1 peu de sirop d’agave

2 gousses d’ail

Huile d’olive

Sel/poivre

 

Les précuissons :

  • Les pommes de terre : lavez-les, déposez-les dans une casserole et recouvrez d’eau froide. Salez au gros sel et mettez à cuire 20 à 30 minutes, à la tendresse du couteau. Egouttez, refroidissez sous un filet d’eau et épluchez sans plus tarder. Coupez en morceaux.
  • Les œufs, dans une petite casserole d’eau salée frémissante, faites cuire 9 minutes (on ne dira rien si c’est 10) les œufs. Refroidissez sous l’eau, écalez et hâchez grossièrement.
  • Les grelos : Mettez à bouillir une grande quantité d’eau salée. Pendant ce temps, réglez leur cas aux grelos : lavez-les à grande eau, coupez un petit morceau de la tige, mais pas la totalité : tout se mange dans le grelos ! Selon le producteur, entaillez un peu les tiges par le mileu et enlevez à peine de peau en écorchant les grelos (mais je ne sais pas à quel point ces opérations sont nécessaires : j’ai entaillé mais je n’ai enlevé qu’un lambeau de peau…)

Recoupez ensuite en trois ou quatre morceaux dans la longueur.

Jetez le fruit de votre travail acharné dans l’eau bouillante et laissez cuire 10 à 15 minutes (vérifiez de temps en temps la cuisson : les grelos doivent être entre croquant et tendre, à votre goût quoi ! Egouttez immédiatement, passez un filet d’eau froide pour arrêter la cuisson.

 

Reste plus qu’à accommoder le tout. Un bon coup d’huile d’olive (version Maité, pas version « non merci, je suis au régime pour rentrer dans mon maillot… »), on attend que le feu vif sous la grande sauteuse fasse son effet  puis on jette en vrac : les grelos, les pommes de terre, les pois chiche égouttés et rincés, les œufs hachés, et les deux gousses d’ail écrasées ou hâchées au choix, et surtout, selon le matériel à sa disposition.

On sale, on poivre, on touille 5 minutes le temps que tout se réchauffe… On goûte et selon ses préférences, on ajoute comme moi un peu de sirop d’agave pour rectifier l’amertume.

 

On se régale avec ou sans viande, les [grRreloich] ont fait l’unanimité. A vous de goûter si vous avez la chance d’avoir des petits producteurs lusitaniens sur vos marchés !