« Tombeueueueu.. la neigeueu ! » Je crois que « tu ne viendras pas ce soir » mais mes souvenirs deviennent quelque peu flou en ce qui concerne la pop culture des sixties ( ? seventies ? fifties ?...).  Alors pour vous occuper, coincés que vous êtes très certainement sur une autoroute ou entre deux congères, et vu que le wifi et les clés 3G sont maintenant partout (je crois que je viens de perdre ma mère sur ce coup-là…), je vous mets un lien direct vers la toute nouvelle toute fraîche (ben forcément vu le temps qu’il fait !!!) émission de « La Table de Clémence » diffusée sur RCF Puy de Dôme.

 Au programme, une visite de la boutique-maison Tata Lulu qui a ouvert en septembre dernier à Clermont-Ferrand, avec une incartade dans un cours de cuisine diététique mais gourmand animé par Aurore Vial de Gourman’diet.

En fin d’émission, vous aurez droit à une spéciale « Repas Gastronomique des Français » au patrimoine immatériel de l’UNESCO.

 

Bonne écoute à vous et en bonus, voici cette fameuse définition retenue par l’UNESCO.

 

« Le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présidé par le Kenyan Jacob Ole Miaron à Nairobi en présence de près de 450 participants, a conclu le 19 novembre les travaux de sa 5e session. Il a inscrit au total 51 nouveaux éléments sur les Listes du patrimoine immatériel de l’UNESCO.

Les experts de l’Unesco ont estimé que le repas gastronomique à la française, avec ses rituels et sa présentation, remplissait les conditions pour rejoindre la “liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité”. Un patrimoine qui répond à la définition suivante : “les processus acquis par les peuples ainsi que les savoirs, les compétences et la créativité dont ils sont les héritiers et qu’ils développent, les produits qu’ils créent et les ressources, espaces et autres dimensions du cadre social et naturel nécessaires à leur durabilité ; ces processus inspirent aux communautés vivantes un sentiment de continuité par rapport aux générations qui les ont précédées et revêtent une importance cruciale pour l’identité culturelle ainsi que la sauvegarde de la diversité culturelle et de la créativité de l’humanité”. »

« France - Le repas gastronomique des Français - Le repas gastronomique des Français est une pratique sociale coutumière destinée à célébrer les moments les plus importants de la vie des individus et des groupes, tels que naissances, mariages, anniversaires, succès et retrouvailles. Il s’agit d’un repas festif dont les convives pratiquent, pour cette occasion, l’art du « bien manger » et du « bien boire ». Le repas gastronomique met l’accent sur le fait d’être bien ensemble, le plaisir du goût, l’harmonie entre l’être humain et les productions de la nature. Parmi ses composantes importantes figurent : le choix attentif des mets parmi un corpus de recettes qui ne cesse de s’enrichir ; l’achat de bons produits, de préférence locaux, dont les saveurs s’accordent bien ensemble ; le mariage entre mets et vins ; la décoration de la table ; et une gestuelle spécifique pendant la dégustation (humer et goûter ce qui est servi à table). Le repas gastronomique doit respecter un schéma bien arrêté : il commence par un apéritif et se termine par un digestif, avec entre les deux au moins quatre plats, à savoir une entrée, du poisson et/ou de la viande avec des légumes, du fromage et un dessert. Des personnes reconnues comme étant des gastronomes, qui possèdent une connaissance approfondie de la tradition et en préservent la mémoire, veillent à la pratique vivante des rites et contribuent ainsi à leur transmission orale et/ou écrite, aux jeunes générations en particulier. Le repas gastronomique resserre le cercle familial et amical et, plus généralement, renforce les liens sociaux. »

Pour se faire une idée des conséquences et des répercussions d’une telle classification, il est intéressant de consulter le rapport d'information n° 440 (2007-2008) de Mme Catherine Dumas, fait au nom de la commission des affaires culturelles, déposé le 2 juillet 2008 :

« il ne s'agit pas d'assurer la sauvegarde d'un « chef d'oeuvre en péril » ; le projet de candidature porte sur la liste dite « représentative », mettant en valeur les expressions culturelles jugées les plus remarquables, et non pas sur la liste du patrimoine requérant une sauvegarde urgente ;

- il ne s'agit pas de « muséifier » notre patrimoine gastronomique, d'en dresser un « panthéon » et d'y figer une vision que l'on pourrait avoir, à un moment donné, des traditions culinaires de notre pays ; le concept de patrimoine immatériel s'inscrit, au contraire, dans une approche dynamique, puisqu'il renvoie aux notions de transmission, de processus permanent de production, de créativité et d'innovation... ;

- il ne s'agit pas de prétendre ou de démontrer que notre cuisine française serait la meilleure au monde ; ce qu'il faudra prouver est un attachement des Français à ce patrimoine, constitutif de leur identité et profondément ancré dans leur culture ; la démarche n'est donc surtout pas comparative, mais fédératrice ;

- il ne s'agit pas, enfin, de couronner l' « élite » de notre gastronomie française ; comme votre rapporteur a pu l'entendre au cours de ses auditions, la démarche n'est pas une « affaire de grandes toques » : elle ne concerne pas uniquement nos restaurants « étoilés » mais l'ensemble du patrimoine culinaire de nos terroirs ; elle se veut donc populaire ; c'est pourquoi le terme de « gastronomie », compte tenu de sa connotation plutôt élitiste, n'est sans doute pas le terme le plus approprié pour présenter le projet. […]

L'un des premiers objectifs de la démarche engagée en faveur de la reconnaissance de notre patrimoine culinaire est donc de susciter un sursaut : 

- il s'agit, d'abord, de reconnaître la place qu'occupe celui-ci dans notre culture ; en effet, si l'on envisage souvent le monde de la cuisine sous l'angle économique, il est plus rare de mettre l'accent sur sa dimension culturelle et identitaire : l'absence d'implication du ministère de la culture sur ce sujet est à cet égard révélateur ; or, comme le soulignent les membres de la Mission française, « on se nourrit de culture » ;

- il s'agit, ensuite, de sensibiliser les Français à la richesse et à la diversité d'un patrimoine dont ils n'ont bien souvent qu'une faible connaissance, et de leur faire prendre conscience, face au développement de l'industrialisation et de la standardisation des goûts et des identités culinaires, que le bien manger n'est pas un luxe et doit rester une exigence au quotidien ;

- il s'agit, enfin, de rendre hommage aux savoir-faire qui sont attachés à l'image de notre pays de par le monde et d'assurer leur transmission, leur promotion et leur mise en valeur. »

Tout ce rapport est très intéressant pour nous, joyeux amateurs de bonne chaire, ont été consultés des chefs et des artisans pour définir la gastronomie…

Mais ma nouvelle idole, Marc Rosmini (professeur en philosophie qui a écrit l’alléchant ouvrage Pourquoi philosopher en cuisinant ?) dans une de ses délectables Chroniques Gastrosophiques du Professeur Rosmini, nous fait réfléchir au revers de la médaille…

 

Voilà de quoi occuper vos longues soirées d’hiver !