Ce qui a de bien avec la rougeole, c’est que ma gamba me fait des siestes incroyaaaablement longues. Peut-être même qu’avec un peu de chance, je vais pouvoir finir ce billet en un coup. Enfin ça c’est moins sûr, avec mon petit bouquet qui vire doucement à la sangsue sans fond et sans retenue… Ecrire avec deux doigts au moment de la sieste, ça relève du défi personnel. Mais comme je n’ai pas le droit de poser mon petit paquet deux secondes sans qu’elle se réveille et qu’elle réclame « à boire », la soifarde, faut bien s’occuper. A vrai dire, je dormirais bien un peu histoire de récupérer des nuits si longues que toutes les deux nous font passer : entre la gamba qui a viré au rouge tomate et se réveille pour boire toutes les deux heures (on touche quand même au bout… J’en rajoute pour la forme) et le petit bouquet qui ne rentre plus dans son berceau, tellement le lait de maman il est bon, tellement elle grandit vite ; mais qui râle légèrement de se retrouver dans la même chambre que sa sœur et continue à avoir une petite fringale au milieu de la nuit ; on est légèrement crevés. Surtout qu’elle me pompe sans s’arrêter jusqu’à 23h30 en ce moment. Enfin, pour être plus exacte, elle s’arrête, me fait croire qu’elle dort profondément, me laisse la coucher, respirer deux secondes pour rouvrir de grandes billes aussitôt après. C’est ça le plus rageant : si près du but, devoir tout recommencer. Surtout que je ne peux pas la laisser pleurer, sinon, ce n’est pas une crevette que je vais avoir sur les bras, mais deux ! Alors je ne sais plus quoi faire, je cède toujours et encore, même si je sais que je ne devrais pas… Je ne peux même pas déléguer : elle refuse catégoriquement le biberon… Ma seule issue : la diversification. Les purées, elle a l’air de kiffer, mais c’est pas demain que ça va lui suffire, à coup de 60 millilitres…

Comment font les parents qui ont leurs enfants dans la même chambre ? Parce que c’est une vraie galère en fait… Ils les bâillonnent, ou c’est moi qui ne suis pas douée ? Non, moi je dis, faut vite qu’on se trouve un grand château déjà rénové, avec un grand jardin potager et une cuisine ultra-fonctionnelle de 80 mètres carré, bradé pour cause de divorce.

En attendant, je fatigue et je mange du sucre. Bon comme j’allaite, c’est aussitôt éliminé, mais bon, c’est pas une raison ! Comme ça au moins, je teste à la maison des recettes que je servais au restaurant. Ce coup-ci : la coupétade, spécialité lozérienne, à ma sauce. Grosso modo, c’est un pudding bien moelleux aux pruneaux et fruits secs. C’est super bon et très pratique pour finir un reste de pain un peu dur. A Aumont Aubrac, on la faisait avec des viennoiseries qui restaient des petits déjeuners, mais chez nous, point de croissants (ni de petit dèj au lit, ni surtout de grasse mat’), c’est au pain dur et à l’eau.

 

Pour un grand moule à manquer003__10_

 

300 g de pain sans trop de croûte

300 g de pruneaux

50 g de raisins secs

En option quelques écorces d’orange en dés

5 cl de rhum

5 cl de porto

6 œufs

400 g de lait

200 g de crème

150 g de sucre

Une jetée de sucre et

un soupçon de beurre pour le moule

 

Mettez à tremper les pruneaux (dénoyautés si vous y tenez), les raisins secs, l’orange si vous en voulez, et le pain en morceaux, dans de l’eau et les alcools. Allumez votre four à 170°C.

Beurrez votre moule généreusement et saupoudrez-le de sucre.

Dans un cul-de-poule, cassez vos œufs, fouettez-les avec le sucre, pendant que crème et lait cherchent à bouillir sur le feu. Versez bien chaud sur les œufs, mélangez bien.

Disposez le pain et les fruits secs dans le moule en les pressant bien entre vos mains, recouvrez de l’appareil et enfournez 45 minutes environ.

Laissez refroidir au frigo avant de déguster, c’est encore meilleur.

 

Mission accomplie, ma gamba dort encore, je vais peut-être même me nous préparer un gâteau…