Question : Quel législateur légèrement agité du ciboulot a eu un jour l’idée saugrenue et farfelue de qualifier de « congé », la période dans laquelle je m’enlise actuellement ???Non, parce que je veux bien qu’elle soit « parentale » cette période, ça tombe sous le sens, mais que ce soit un congé !.... Là, faudrait voir à arrêter les Temesta ! Un congé, c’est pas ce qu’on prend quand on veut se reposer, voir le soleil, siroter des caïpiriñas en bouquinant un bon petit roman pas prise de tête ?

Voilà, il me semble aussi… Alors c’est bien ça, je me suis faite avoir sur la marchandise, parce que du repos, je n’en ai jamais eu aussi peu depuis que je suis en « congé » parental ; le soleil, je ne le vois que de loin pour pas que mes puces attrapent d’insolation et uniquement au parc (youhou ! trop fun la ballade !!!) ; et l’alcool, ce n’est pas que ce soit devenu un lointain souvenir (personne n’est parfait), mais en tant que bonne mère allaitante, je n’ai pas vu la couleur d’un mojito depuis siiiii longtemps…. Ahhhh ! (dans un soupir interminable) faut-il les aimer ces chères têtes blondes et mignonnes et à croquer, pour renoncer à tout ce qui fait la vie ! En attendant, je crois que je vais commencer à militer pour la requalification du « congé parental » en « période de renoncement à soi pour enfants en bas-âge », parce que c’est pas beau de mentir aux jeunes mamans et qu’il faudrait un peu se rendre compte que c’est un boulot à plein temps, bande de législateurs machistes et rétrogrades !

Moi qui croyais naïvement que je pourrais me mettre à jour dans les épisodes de « Mad Men », je stagne lamentablement à la deuxième saison. Je ne vous parle même pas de mon blog : quand il y a une nouvelle recette, c’est jour de fête à la maison ! Plus le temps de m’occuper de mes poils rebelles, plus le temps d’aller chez le coiffeur, surtout avec ma petite sangsue adorée deuxième du nom : elle refuse catégoriquement de me lâcher le téton, alors passer une heure chez l’esthéticienne, ça relève du fantasme total ! Même pour prendre une douche, il faut ruser : planter la plus grande sur le canapé devant « Barbapapa » (béni sois-tu maintenant et toujours) avec un biberon bien rempli et profiter du sommeil de la plus petite.

Tout se calcule, tout prend trois fois plus de temps, je deviens une adepte de la procrastination et du salon poussiéreux. C’est lamentable !... Pas la peine de dire qu’on manque de sommeil (et malheureusement pas parce qu’on est allé bouger nos corps toute la nuit) et les filles ne me laissent même pas le loisir de faire un petit bout de sieste : j’en ai toujours une dans les bras et la royale heure et demi de sieste de ma grande crevette me sert à ranger un minimum ou à écrire un tant soit peu (ou à prendre la fameuse douche s’il y a eu perturbation dans le programme).

Je ne vois plus que des couches (et lavables en plus, maso comme je suis, il fallait bien que je m’en rajoute un peu), je ne chante plus que des comptines et des « hup hup hup barbatruc », je ne parle plus avec mon homme que de caca et de pot. Et le pire, c’est que ça me suffit (enfin bon, faut le dire vite et pour sauver la morale et le politiquement correct…Heureusement que j’ai le blog et la radio, et vivement que je puisse retourner à la piscine et reprendre des cours de dessin)

Alors entre deux tétées, deux lessives et deux histoires, je nous (mais vraiment parce qu’il faut bien partager) prépare des cookies sous les yeux ébahies de ma mini apprentie en herbe vissée sur son marchepied et ça, ça vaut tous les congés du monde. Quant aux cookies, vous pouvez essayer de vous arrêter à un, mais je vous garantis que le deuxième n’est jamais loin. Je suis tombée dans la boîte au café et j’ai eu toutes les peines du monde à m’en extirper.

 

POUR 30 à 40 COOKIES003__7_

 

180 g de beurre ramolli

130 g de cassonade

120 g de sucre en poudre

2 œufs

1 c/ à café d’essence de vanille

300 g de farine

1 c/ à café de bicarbonate de soude

300 g de pépites de chocolat noir

120 g de noix de pécan grossièrement hachée

Préparez votre four à cette expérience olfactive hors du commun : préchauffez-le à 175°C s’il est à chaleur tournante et à 180°C s’il est plus statique.

Dans votre batteur, ou dans un cul de poule et munie d’un batteur électrique, si vous n’avez pas la chance d’avoir eu un magnifique kitchenaid pour vos trente ans…, déposez votre beurre bien pommade et le sucre en poudre puis blanchissez le tout pour obtenir un mélange bien aéré. Ensuite vous ajoutez le reste en fouettant toujours : la cassonade, puis les œufs, la vanille, la farine avec le bicarbonate : inutile de dire que si vous avez un batteur aussi top que le mien, vous ne foutez strictement rien, et que vous allez tout de même récolter autant de compliments que les autres… Votre pâte est prête ? Versez alors dedans les pépites et les noix de pécan en morceaux ; d’une main légère et court vêtue, amalgamez appareil et garniture sans trop fatiguer ni les uns ni les autres.

 

Prenez deux plaques à patisserie beurrées ou recouvertes de papier sulfu, ou de silicone ; et dressez vos cookies : une cuillère à soupe (pas trop énorme non plus) de pâte. Ça s’affaissera tout seul pendant la cuisson, pas besoin d’appuyer dessus pour les écraser, laissez-leur juste la place de vivre leur vie.

 

Voilà, au four 10 à 15 minutes selon la grosseur et le nombre de plaques : les cookies doivent être dorés mais pas complètement secs.

Laissez tiédir sur la plaque puis refroidir sur grille.

Dégustez sans plus attendre.