Dieu que c’était bon ce petit week-end entre nénettes !

Vivent les filles célibataires qui skient et qui secouent leurs copines mamans et allergiques au sport. Quel bonheur de tout laisser deux jours pour piailler, discuter, rigoler autour d’une fondue ou d’un pot de Nutella (enfin ça, je le laisse volontiers aux skieuses émérites. Ça n’a jamais été mon truc et depuis que je vire pas mal bio et local, ça ne va pas en s’arrangeant… Pourvu que ma crevette ne revienne pas un jour d’un goûter chez sa copine Gudule, bouleversée par sa découverte de cette maudite pâte à tartiner… Malheureusement, je crois bien que je n’y couperai pas et que je devrai me résoudre à donner des sous à Ferrero et à l’industrie agroalimentaire.)

J’en suis revenue apaisée, regonflée à bloc et impatiente de revoir ma petite famille.

Enfin, l’important dans tout ça, c’est quand même la quiche que je nous avais apportée. C’est bien beau de papoter, mais faut bien se sustenter un peu, que diable ! En plus d’hydrater régulièrement ses cordes vocales, cela va de soi …

J’avais été faire mon petit marché à Saint-Jacques, histoire de voir ce que me proposaient mes amoureux secrets : « Monsieur Bio » et Pascal, « the best charcutier de Clermont ever ». « Monsieur Bio » avait comme a son habitude un stand magnifique avec des poireaux bien raides, des carottes de toutes les couleurs, des betteraves bien funkys, des courges inconnues, à des prix toujours très raisonnables. C’est là que je suis tombée sur de jolis patidous, à la peau blanche zébrée de vert et que j’ai cédé à la tentation. Si vous en rencontrez sur votre chemin, arrêtez-vous, faites-moi confiance : leur chair est un pur délice : plus sucré que le potimarron, avec un goût de châtaigne bien prononcé, ça se mange à la petite cuillère, une fois cuit entier une bonne demi-heure dans de l’eau salée.

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Ensuite, je suis ensuite allée voir Pascal, mon tentateur : pour lui, je vais jusqu’à Aubière le dimanche, quand je ne peux pas me rendre disponible le mercredi et j’irais jusqu’à Montpeyroux s’il me le demandait ! Mon mari le sait bien et il accepte bon gré mal gré cette tocade car il sait qu’il faut faire quelques concessions pour préserver un couple. Je me fais pardonner en lui rapportant du pâté et du saucisson à l’ail que Pascal élabore sans aucun colorant ni conservateur, avec les cochons qu’il élève et tue semaine après semaine. Il me ferait même aimer le boudin tellement il est beau son boudin ! Son jambon blanc a le vrai goût du rôti de porc, son lard est frotté aux herbes. Ah Pascal ! J’en rêvais et tu l’as fait. Pour celles et ceux que ça intéresse, je veux bien partager l’homme de mes rêves les plus fous: c’est la maison Delherme à Montferrand. Mais allez-y sans vos conjoints respectifs, c’est plus prudent.

Cette fois-ci, je me suis autorisé une oreille de cochon, que mon homme et mes copines ont regardé d’un œil dubitatif, mais qui me ramène à mon enfance quand mon grand-père en sortait au petit-déjeuner. Depuis, c’est ma petite madeleine à moi, le cartilage et la gélatine en plus… Et j’ai pris de la poitrine fraîche, à marier avec le patidou.

Un petit arrêt auprès de ma petite mamie aux œufs, pour remplir mes boîtes et réserver une  poule pondeuse pour la semaine prochaine (à 6 euros la bête, y a pas de quoi s’en priver), « parce que les poulettes commencent à pondre, alors on se débarrasse des vieilles » . En espérant qu’elle soit tuée et plumée à se prix là !

Et nous voici de retour à la maison pour confectionner une bonne quiche au petit goût sucré.

POUR UNE QUICHE073

150 g de farine

75 g de beurre

1 jaune d’œuf

Sel, curry

5 à 10 cl d’eau

1 oignon rouge

250 à 300 g de poitrine fraîche

Huile d’olive

Sel/ poivre

Herbes de provence

250 g de chair de patidou

100g de crème liquide

3 gros œufs ou 4 petits

1 c/ à café de curry

1 ou 2 poignées de gruyère râpé.

On commence gaiement par préparer la pâte : le jour même, ou la veille, ou bien avant si comme moi, vous doublez ou quadruplez les proportions pour en congeler pour plus tard. Et, non ce n’est pas long de préparer sa pâte : la farine en puits dans un saladier, le beurre pas trop dur en morceaux par dessus, un coup de sel, de curry ou de muscade et on fait du sable : on effrite joyeusement en frottant ses mains l’une contre l’autre bien à plat. Quand on est content du résultat, on ajoute le jaune d’œuf et l’eau et on forme vite fait une boule en évitant de trop travailler encore. Aplatissez la boule obtenue, filmez et réservez au moins une demi heure au frais, ou divisez et congelez à volonté.

On cuit en même temps le patidou : Dans une casserole d’eau froide et salée, déposez le ou les patidoux (comme ça, vous pourrez aussi vous faire une petite soupe potiron/ patidou, un peu plus tard) et faites cuire 30 à 40 minutes, à la tendresse du couteau. Videz l’eau et laissez refroidir un peu. Prélevez alors la chair de la bête : coupez-la en deux, retirez les graines en grattant à la cuillère puis raclez la pulpe le long de la peau, armé toujours de votre cuillère de combat.

Préchauffez votre four à 180°C et réalisez la garniture : lavez et épluchez l’oignon puis coupez-le en deux et émincez-le finement. Dans une poêle, faites chauffer un peu d’huile d’olive et jetez-y les demi-rondelles d’oignon pour les faire dorer et chanter un peu. Ajoutez-y la poitrine détaillée en lardons et assaisonnez : sel, poivre et herbes de Provence à votre convenance. Laissez cuire en remuant de temps en temps, 3 à 5 minutes.

Dans le bol du blender ou du mixer, pesez la chair de patidou, la crème, ajoutez les œufs, le sel, le poivre et le curry. Faites tourner une ou deux minutes.

Etalez la pâte brisée et habillez votre moule à tarte préalablement beurré si vous n’êtes pas encore passé au silicone (rien à voir avec le week-end fille dont j’ai parlé précédemment).

Quelques coups de fourchette dans le fond de tarte, on étale les lardons et on recouvre avec l’appareil au patidou. Un peu de gruyère râpé en surface et au four 45 minutes.  

A partager avec des personnes qui vous sont chères, bien sûr.

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