Après de nombreux tests consommateurs, qui se sont tous soldés par un unanime « faut que tu me donnes la recette », je me décide enfin à vous révéler la recette du caviar de graines de tournesol. Faut dire qu’on sort de la série hachis parmentier, bœuf bourguignon et cœur coulant au chocolat pour s’attaquer à une autre de mes marottes qui me tient maintenant depuis plus de 9 mois et qui ferait crier plus d’un de mes pairs cuisiniers rien que d’en entendre le nom : la diététique. J’y suis venue peu à peu, pendant ma grossesse, guidée par ma sage-femme (pour ceux qui se rappellent de l’épisode cholestase gravidique et foie en vrac…). D’abord en cachette : pour une addict au Saint-Nectaire, parler excès de produits carnés ou laitiers, c’est un non-sens absolu ; puis par des chemins détournés : « elles sont bonnes ces pâtes, tu ne trouves pas mon cœur? Ben c’est du tofu qu’il y a dedans… » ; et enfin franchement : « Non, ce soir, y’a pas de viande, c’est daâl et salade aux graines germées ! Si tu veux autre chose, tu te le cuisines.»

Pour ceux qui doutent de la résistance du couple à ces changements de régime, le dit cœur m’a reprise comme épouse il y a peu de temps. Comme quoi, ça doit le satisfaire.

Enfin, faut dire que je ne suis pas non plus complètement tyrannique en ce domaine : on s’autorise souvent saucisson et quiche aux lardons, ainsi que frometon et mironton. Mais les préceptes que m’ont présentés les responsables de l’Antenne Auvergne de l’Association Kousmine sont, je l’avoue, très intéressants. Grosso modo, pour se conserver en forme aussi longtemps que possible et même améliorer certains états dus à des cancers ou sclérose en plaque (en plus des traitements nécessaires), la doctoresse Kousmine préconisait un certain type d’alimentation. Je n’en sais pas suffisamment pour vous faire tout un cours la-dessus mais assez pour vous conseiller de mettre le nez dans les bouquins qui en causent ou vous adresser à l’association Kousmine dont les représentantes Auvergne sont, par exemple, des plus sympathiques.

 Moi, j’en retiens qu’il vaut mieux manger copieusement le matin, et léger le soir, en évitant les apports en protéines animales au dîner (le plus dur, c’est de résister au plateau de fromage. Moi, j’ai encore du mal…). Le matin pour démarrer, Kousmine recommande la crème Budwig, dont je vous parlerai prochainement et qui apporte des oléagineux, des acides gras essentiels, des fruits, des fibres, des protéines, des glucides et plein de bons éléments, en plus d’être super bonne. Quoi d’autre comme principe ? Manger saisonnier, cru au maximum (et bio évidemment), faire germer avant de cuire les graines pour qu’elles redéveloppent leurs principes actifs, varier les huiles (de première pression à froid)… Rien de sectaire ni de trop dogmatique, on prend là-dedans ce qu’on veut bien appliquer pour le tourner à sa sauce. Moi je dis, il vaut mieux avoir une marge d’amélioration : si on est parfait tout de suite, on s’ennuie…

J’ai eu la chance de faire avec ces dames deux journées de crusine (« cuisine crue »), et sans mentir, je me suis régalée. Moi qui suis toujours à l’affût de nouvelles saveurs, et bave devant les rayons des magasins bio sans savoir quoi faire avec toutes ces farines et ces céréales, j’ai enfin trouvé un regain de fantaisie. Mon panel des possibles s’est démultiplié. Reste maintenant à trouver suffisamment de temps pour pouvoir expérimenter tout cela.

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Voici un avant goût des merveilles Kousminiennes que Anne Huchard (responsable de l’antenne Auvergne Kousmine) avait prises en photo, il y a maintenant 6 mois. Je lui ai emprunté la photo du caviar de tournesol car depuis, je n’ai pas réussi à en faire de plus jolie (c’est dire). C’est sûr que vu comme ça, ce n’est pas forcément hyper appétissant, mais tartiné sur des petits toasts, ça déchire complet !

C’est d’ailleurs comme cela que j’arrive le mieux à vendre le concept diététique à mon homme et aux copains de passage : caviar de tournesol, hoummous, bâtonnets de carotte et fleurs de brocolis avec une petite sauce, quelques cajous et des raisins secs ; un bon apéritif dînatoire arrosé de jus de pomme pour les plus courageux, d’un ou deux p’tits kirs pour les néophytes (parmi lesquels je me classe quand on parle boisson.).

La recette est simplissime, le plus compliqué étant de trouver tous les ingrédients. Pour cela, une seule solution : partir à l’assaut d’un magasin bio. Ça fait peur au début, quand on a été habitué (comme moi) qu’aux ED, Leclerc et autre Auchan ; mais on devient ensuite très vite accro, à ce calme, à ces odeurs, à ces graines et farines en vrac. C’est simple, je ne vais plus faire mes courses que là et au marché. Je vais juste faire un saut chez Leclerc pour acheter le lait en poudre bio de ma crevette, car allez savoir pourquoi, il y est bien moins cher…

Bon assez parlé, passons à l’action, surtout que j’ai une puce à récupérer à la crèche…

Pour un bon pot (3 ou 4 apéros avec des copains)crusine13

6 c. à soupe de graines de tournesol

3 c. à soupe de noix de cajou

3 c. à soupe de noix du Brésil

1 petit poivron rouge

1 c. à café de moutarde à l’ancienne

2 c. à soupe de purée d’amandes blanches

1 c. à soupe de purée de sésame

1 c. à soupe de curry

1 bon demi-jus de citron

2 c. à soupe d’huile d’olive (au moins)

2 c. à soupe de basilic haché

Sel


La veille au soir, mettez à tremper les graines de tournesol dans de l’eau froide.

Au moment de la réalisation, égouttez-les et réunissez dans le mixer tous les éléments ainsi que le poivron lavé, épépiné et coupé en dés. N’ayez pas peur du curry, allez-y franco. Faites tourner le bolide jusqu’à obtenir une bonne pâte homogène. Laissez reposer 3 heures avant de déguster (si vous en avez le courage) pour que le curry développe tous ses arômes.

Pour les puristes, les graines et les noix ainsi que le poivron doivent passer par un extracteur, machine géniale (mais un peu chère) qui vous permet d’obtenir des purées très très fines. C’est ensuite que vous incorporez les autres éléments à la main.