Hop là, je chamboule mon programme pour une raison des plus valables… J’ai de bonnes recettes en stock à vous refiler mais hier soir nous nous sommes tellement régalés que je ne peux pas me permettre de priver un jour de plus l’humanité de ce petit plat d’exception… C’est une improvisation totale à partir des bases de toute façon incontournables du risotto, sur le thème de « Y’m faut du fer à profusion, sans en venir à la perfusion ! ».

Me v’là donc partie avec mon petit panier sous le bras, à la découverte d’un marché clermontois que je ne connaissais pas, quartier Saint-Jacques. Faut dire que sur Clermont, côté marchés, on n’est pas vraiment gâté : le marché Saint-Pierre n’est plus que l’ombre de lui-même avec ses trois commerçants qui se battent en duel, le marché Saint-joseph n’est pas à la portée de toutes les bourses et les beaux marchés sont à un quart d’heure de route de Clermont le week-end (Aubière, Riom et Cébazat).

Non vraiment, c’est désolant pour la capitale auvergnate !

Le marché Saint-Jacques n’est pas si mal que ça, beaucoup de petits producteurs locaux, et quelques bios. Je pense que j’y referai un tour le mercredi matin (avec un appareil photo ce coup-ci…).

Tout cela pour dire que j’ai acheté entre autres choses, de beaux épinards bien verts et bien fermes pour assouvir mes besoins en fer.

De retour à la maison, crevée par cette petite marche (c’est fou comme quelques kilos en plus vous fatiguent direct ! Le plus frustrant, c’est de voir ces côtes que vous franchissiez sans vous poser de question devenir des obstacles insurmontables…), je me suis transformée en légume de canapé (espèce de plus en plus envahissante dans nos contrées) pendant un bon moment (le temps devient lui aussi très relatif : se poser 5 minutes peut vite prendre trois quarts d’heure), ce qui m’a permis tout de même de prévoir un plan d’attaque pour les épinards.

L’idée du risotto elle non plus ne me quitte plus depuis que j’ai confectionné mon fond de volaille. Alors pourquoi ne pas marier risotto et épinards, sachant de toute façon que pour le risotto aux truffes, il nous faudra repasser…

J’en ai profité pour cuire tous mes épinards d’un coup (je n’allais pas en utiliser 1kg dans mon risotto !). Tant qu’à en éplucher un peu, épluchons tout ! Ça nous en fera pour le lendemain. Et heureusement que je ne comptais pas sur les restes de risotto pour faire manger la petite famille deux jours de suite, c’était tellement bon qu’on en aurait léché la casserole.

 

Pour 3 Assiettes (en étant raisonnables…)cuisine_306

 

150 g d’épinards frais (après cuisson)

100 g de crème épaisse

30 g de parmesan

200g de riz rond ou à risotto

10 cl de vin blanc

50 cl de bouillon de volaille

1 échalote

20 g de beurre

sel/poivre

Le jus d’un demi citron

 

Lavez soigneusement les épinards en deux eaux et enlevez doucement la côte centrale. Epluchez l’échalote et ciselez-la. Dans une gamelle suffisamment grande pour contenir tous vos épinards, faites fondre la moitié du beurre et jetez-y la moitié de l’échalote à blondir. Pendant ce temps égouttez bien les épinards (quitte à sortir l’essoreuse à salade) et plongez-les à sec dans la gamelle sur feu vif. Salez, poivrez et faites-les « tomber » pendant 5 à 10 minutes grand maximum, en les tournant de temps en temps.

Ils perdent tout leur volume en un rien de temps mais en aucun cas leur saveur et leurs vitamines.

Débarrassez et laissez refroidir un peu.

Pesez 150g d’épinards et ajoutez-leur dans le bol du mixer la crème épaisse et le parmesan (est-il nécessaire de préciser qu’il vaut mieux du parmesan entier ?). ZZZZZZZZZZouuuuuuu jusqu’à obtenir une jolie crème bien homogène.

 

On passe au risotto en lui-même : alors là, plus rien ne doit vous perturber pendant 20 minutes ; toute votre attention doit se porter sur le risotto. Dans une sauteuse, une casserole ou encore mieux un wok, mettez à fondre le reste du beurre puis ajoutez le reste de l’échalote à colorer sur feu moyen à fort.

Pesez et lavez votre riz et versez-le dans le wok ; nacrez-le dans le beurre et ajoutez le vin blanc puis assaisonnez. Lorsque le vin blanc a été bien absorbé, commencez à verser louche par louche le fond de volaille, en mélangeant bien et en attendant à chaque fois que la louche précédente ait été absorbée. C’est sûr que ce n’est pas très rigolo… mais c’est pour l’amour de l’art !…

Vous arrivez au bout du fond ? Goûtez voir si le riz est bien à votre convenance, moelleux et fondant sous la langue sinon ajoutez un peu d’eau, on ne dira rien… Versez alors la crème aux épinards et voyez la magnifique alchimie qui se crée entre le riz gonflé d’arômes et le vert émeraude des épinards goûteux. On en pleurerait presque !

Un zeste de citron pour relever un peu le goût, vérifiez l’assaisonnement et amenez fièrement le résultat de votre dur labeur avec le bloc de parmesan et l’économe pour que chacun puisse lever ses petits copeaux de bonheur…

 

C’est un plat en lui seul qui se passe aisément de viande. Si vraiment Môsieur insiste, servez-lui quelques tranches de jambon cru, pour rester dans le ton…  

Nous sommes tous les deux restés babas devant cette explosion de saveurs… Il me reste des épinards, je crois que je vais en refaire demain !