Hier soir, petit dîner entre amis à la maison… J’en ai évidemment profité pour tester quelques petites choses qui me trottaient par la tête… Des envies de préparer doucement les fêtes sans trop se ruiner. Enfin, je partais quand même avec une bonne base : des boîtes de foie gras que nous avions préparées avec ma belle-maman l’an dernier et qui attendent depuis notre bon vouloir dans le bas du frigo… A partir de là, c’est facile : en entrée, ce fameux foie gras avec un pain d’épice maison à tomber par terre et un chutney d’abricots secs ; en plat, des cuisses de poulet travaillées en poire avec une farce à la poire (pour rester dans le thème) et aux foies de volaille ; et enfin un cheesecake pétillant à la grenade…

Pour ce qui est de l’entrée et du plat, je vous en parlerai plus tard. C’est avant tout le cheesecake qui m’attirait dans mon menu… Peut-être des besoins inassouvis en calcium, de vieux souvenirs des Etats-Unis, des sonorités chantantes ?… Quand j’en parlais à mon doux et tendre, c’était plutôt la soupe à la grimace : « cheesecake, tu veux dire un gâteau au fromage ? Hmm… » Mais je savais au plus profond de moi qu’il fallait faire fi des préjugés et laisser sa chance au fromage à tartiner ! « Yes, we can ! » make a good cake with cheese qui ne sent pas le fromage!

A moi de lui donner un petit côté original en bannissant les fraises et les framboises de ma recette et en lui apportant ce petit côté acidulé que j’aime tant… Une grenade est venue croiser mon chemin à ce moment très précis de ma réflexion : et pourquoi pas ? On la cuisine rarement et pourtant ses petites pépites sont des trésors qui ne demandent qu’à claquer sous la langue pour se délester de leur jus… Et puis associer des grenades à un dessert typiquement américain, je trouve ça assez drôle en fait… Petite méthode pour soigner la peur des bombes.

Ironie du sort, j’ai été bien punie d’avoir voulu attenter à l’intégrité du patrimoine américain : J’ai dû sauver mon cheesecake de l’effondrement car comme une idiote que je peux être parfois, pensant un peu trop au démoulage et pas assez à la cuisson, je me suis aventurée à couler mon appareil dans un cercle à pâtisserie, sans fond par définition… Je pensais naïvement que le fond aux biscuits serait assez étanche pour servir de barrière au liquide, mais quand j’ai vu que l’appareil commençait à prendre le large dans la lèche-frite, je me suis souvenue des cours de physique-chimie sur les vases communicants et je me suis dit que ça n’allait pas s’arranger comme ça par une simple petite prière… En plus, mon cercle faisait 28 cm de diamètre, plus qu’un moule traditionnel, me voilà donc à attraper mon moule en silicone, à remodeler mon fond de biscuits, à en récupérer pour des moules individuels, puis à verser le contenu de la lèche frite par dessus mes modelages… Un vrai désastre ! Et de la vaisselle par-dessus les bras ! Mais, le résultat a quand même remporté tous les suffrages. Et la grenade a finalement épousé le cheesecake. « Yes, we can! »

Sans l’épisode « Titanic dans la lèche-frite », c’est un dessert très facile à réaliser. J’ai réduit mes proportions initiales pour un moule à manquer classique.

Pour 6 à 8 personnescuisine_273

125g de palets bretons

150d de speculoos

100g de beurre

500g de fromage à tartiner (kiri,

philadelphia, ou comme moi,

marque distributeur)

200g de ricotta

15 cl de crème

3 œufs

110g de sucre

 de l’eau de fleur d’oranger

le zeste d’un citron

2 grenades

20g de sucre

10 cl d’eau

1g d’agar-agar


Votre gâteau sera beaucoup plus appétissant que celui-là car vous n'aurez pas les points noirs causés par mon démoulage/remoulage avec récupération de papier sulfu ...

Préchauffez votre four à 180°C.

Mixer les biscuits ou plus rigolo, enfermez-les dans un sac (un sac-poubelle, c’est le top) et déchaînez-vous dessus avec un rouleau à pâtisserie ou une bonne masse en pensant à tout ce qui vous est désagréable, ça soulage… Mélangez au beurre fondu en écrasant bien à la main. Tapissez-en un moule en silicone ou à fond démontable en égalisant bien avec vos petites mimines (un vrai retour en enfance…). Enfournez votre beau travail 10 à 15 minutes. Une fois ressorti, montez votre four à 205°C.

Dans un grand saladier, mettez pêle-mêle : le fromage, la crème, la ricotta, le sucre, le fleur d’oranger à volonté. Sortez votre batteur pour bien mélanger et ajoutez les œufs tout en fouettant.

Lavez votre citron et prélevez le zeste, émincez-le finement et ajoutez-le à la préparation (j’ai utilisé des zestes de pamplemouse confits qu’il me restait). L’appareil est très liquide mais c’est normal ! Coulez-le sur votre fond aux biscuits et enfournez 35 minutes.

Vous pouvez vous arrêter à cette étape et déguster votre gâteau (après 6 heures au frais) avec un coulis de fruits rouges ou persister avec moi et recouvrir votre cheesecake d’une gelée de grenade.

Pour cela, quand votre gâteau est cuit, ouvrez vos grenades (les miennes étaient petites mais une grosse devrait suffire) et récupérez les grains dans une casserole, ajoutez 5 à 10cl d’eau et 10 à 20g de sucre (selon l’acidité du fruit). Mettez à bouillir à feu moyen 3 minutes et ajoutez l’agar-agar. Remuez bien et cuisez encore 1 à 2 minutes. Recouvrez immédiatement votre cheesecake de cette gelée et placez-le au réfrigérateur pour 6 heures.

Le gâteau devient suffisamment compact pour le démouler sans soucis.

cuisine_278Un petit coulis de framboise (500 g de framboises surgelées, 50 à 100g de sucre, ½ jus de citron ; portés 5 à 10 minutes sur le feu histoire de n’avoir plus qu’un jus grenat, puis passés dans un petit chinois-étamine pour se débarrasser des pépins. Récupérez-en quand-même un peu pour la texture), et vous voilà au pays des merveilles…