C’est pas tout ça mais il faudrait peut-être songer à refaire des provisions d’iode pour bien alimenter mon cerveau et celui de ma petite crevette (j’ai failli écrire ma petite moule ou ma petite huître agrippée à mon ventre comme à son rocher, mais je ne sais pas si ce surnom serait très bien perçu… Quoique une petite huître perlière c’est mignon, non ?…) pour ne pas avoir de carence en minéraux. A ce sujet, je pensais dur comme fer que j’aurais droit à mon petit complément de vitamines et de fer prévenue comme je l’avais été par une copine de ma maman enceinte comme moi : « Comment ?!! Tu en es à ton sixième mois et tu n’as pas eu tes pilules ??? Ça m’étonne… C’est systématique ! Ton gynéco va te les prescrire… »

Alors comme je voyais qu’il n’avait pas l’air de me faire d’ordonnance, j’ai fini par oser un petit « et vous ne me prescrivez pas un peu de fer ?… », histoire de lui rappeler son boulot quoi ! C’est vrai après tout, c’est pas comme s’il voyait des femmes enceintes à longueur de journée !

« Ben non, vous n’en avez pas besoin, vous ne faites pas d’anémie, vos joues sont bien roses, tout va bien. » Je me suis sentie tout de suite un peu fière de moi : notre régime alimentaire ne doit pas être mal équilibré après tout ! Comme quoi, il vaut mieux éviter la compagnie de femmes enceintes pendant sa grossesse, ça mine pour rien : elles sont là à faire des généralités de choses qui ne concernent que leur petit nombril et à vouloir absolument vous transmettre leurs doutes et leur stress. C’est atroce ! Chez nous, on n’a pas encore commencé à aménager la chambre (pire encore : on n’a pas choisi la couleur des murs et on n’a rien débarrassé ; de vrais futurs parents indignes), on n’a pas non plus la poussette ni la nounou… Et on le vit plutôt pas mal.

Je continue donc de plus belle à varier les plaisirs, et aujourd’hui, je suis d’humeur poisson ! Deux petites ailes de raie me faisaient les yeux doux chez mon poissonnier et je n’ai pas su résister. Surtout qu’elles étaient en promotion.

Faites très attention quand vous choisissez votre raie, elle doit être hyper fraîche : c’est à dire ne rien sentir, surtout pas la javel ; elle prend cette odeur après un jour ou deux et c’est épouvantable ! En plus moi ça me donne des boutons et des démangeaisons… pas très glamour. Alors que c’est un tel délice comme poisson !

 Je me la joue classique (ou presque…) Un petit beurre blanc aux câpres : pas très très léger mais après tout, le poisson lui est peu calorifique. Alors bon !…

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Pour un tête à tête charmant

2 petites ailes de raie

10 cl de vin blanc sec

70 g de beurre (environ)

1 petite échalote

sel/poivre

10/20 câpres

quelques brins d’aneth

Le beurre blanc n’est pas difficile à faire, par contre il ne supporte pas d’attendre ! Il faut donc s’organiser et le réaliser à la dernière minute lorsque le poisson est cuit.

J’utilise pour cuire à la vapeur un couscoussier à 2 niveaux (pas cher et super pratique) ; sinon, vous avez sûrement un cuit-vapeur plus performant qui fera très bien l’affaire. Je commence donc par faire bouillir un bon fond d’eau dans mon couscoussier avec des tiges et quelques feuilles d’aneth pour obtenir une vapeur bien odoriférante. J’ai gardé la plupart des feuilles d’aneth et les émince finement dès à présent pour les mettre dans le beurre blanc à la toute fin.

Dans une petite casserole, je réunis l’échalote ciselée le plus fin possible, le vin blanc du sel et du poivre et je mets à feu vif (mais qui ne déborde pas de la casserole : c’est gâcher du gaz pour rien) jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un tout petit fond de vin réduit.

Pendant ce temps, je coupe mon beurre en tous petits dés et le remets bien au frais (c’est le contraste chaud/froid qui permet d’obtenir la texture crémeuse du beurre blanc).

L’eau bout, je peux donc mettre mon poisson dans le panier à cuire 8 à 10 minutes.

Si la réduction est déjà bien avancée, n’oubliez pas de couper le gaz ! Je garde bien mes câpres égouttées et les herbes hachées à portée de main.

La raie va être cuite dans 2 minutes, il est temps de s’affoler ! On rallume sous le vin blanc, on s’empare du fouet et du beurre bien froid et on en introduit une bonne petite quantité en fouettant en allant bien partout (on forme un huit) et on en ajoute à volonté jusqu’à obtenir la texture qui nous plaît vraiment. Il ne reste qu’à introduire les câpres et l’aneth. La sauce est prête et brillante à souhait, de quoi napper ces jolies ailes un peu pâlichonnes…