Pfff !… Ras le bol de ces week-ends moroses avec toute cette flotte qui semble ne jamais vouloir s’arrêter de tomber ! Déjà que je ne sors pas beaucoup la semaine avec mes présences obligatoires au domicile, allez motiver le grand travailleur qui me sert de petit mari parfait, à sortir un doigt de pied du domicile conjugal lorsqu’il fait gris et humide les deux jours où il peut se reposer… C’est peine perdue ! Même le cinéma, ça ne le motive pas… Heureusement qu’il y a les copines !

Remarquez, c’est pas si mal, quand il commence à trop tourner en rond, il se met aux petites réparations et à travailler sur mon blog… Z’avez vu comme il devient tout beau un peu ?!!! Ben c’est pas moi qui l’ai fait ! Et tant mieux… Vu le temps que ça lui prend à lui, je pense que je serais déjà en état de sous-alimentation aggravée et lui aussi par la même occasion. Mais j’y pense, c’est peut-être en pensant à cette extrémité qu’il s’est dévoué pour relooker mon petit espace virtuel : il avait peur de mourir de faim et de devoir faire la queue chez Mac Do !

En tout cas, rien que pour ça, c’est pas si mal d’avoir un homme à la maison ! Je viens de me rendre compte que je suis en train de tomber dans de monstrueux clichés conservateurs et misogynes, je vais discrètement changer de sujet… Ma maman sera contente, elle retrouvera maintenant sur « ma page », le petit post que j’avais écrit pour me présenter à vous et qui je suis sûre lui a surtout plu à elle… Et surtout, on a mis en place un petit index pour faciliter les recherches. Maintenant, va falloir que je m’y tienne, et ça c’est pas gagné !

cuisine_150Enfin donc, pour en revenir aux sorties dominicales, il faut s’accrocher pour trouver un bon motif de ballade. J’ai tenté sans succès le tour des caves proches de Clermont pour dégotter un vin bon et pas cher dont on connaîtrait le producteur pour « le mariage II, le retour » l’été prochain. Mon chéri est pas encore très chaud, pourtant même moi qui ne peut pas (trop) boire, ça m’aurait bien dit… Mais c’est que ça doit être encore un peu trop prématuré, je le reproposerai un peu plus tard  dans la saison.

Et puis d’un coup, le flash ! Je me rappelle que les petits vendeurs des jardins ouvriers autour de Clermont vendent des châtaignes depuis deux semaines, mais de 3 à 5 euros le kilo, faut pas exagérer ! Un beau rayon de soleil caresse le sommet du Puy de Dôme (le week-end dernier je vous rassure, parce qu’aujourd’hui, c’est pas terrible), c’est le moment de passer à l’attaque ! Un petit tour sur Internet histoire de trouver un endroit où tenter le coup et de proposer à Monsieur un après-midi « clefs en main » et nous voilà partis ! Je savais qu’il ne résisterait pas à l’appel de la crème de marron maison !

On n’était pas les seuls à avoir eu l’idée de glaner des châtaignes, mais la forêt est bien assez grande et généreuse pour tout le monde heureusement. Remarquez, on a bien failli faire demi-tour à cause des coups de fusils qui retentissaient au loin et des barrières à l’entrée du chemin sur lesquelles était affiché un arrêté municipal interdisant le ramassage des châtaignes. Mais l’esprit frondeur arverne se rit de telles intimidations et  notre détermination était plus forte que tout ! Ah Ah !

Ça sentait bon le champignon et la mousse humide, les feuilles mortes jonchaient le chemin nous offrant toutes les couleurs de l’Automne, un vrai régal !

Et nous revînmes fourbus mais heureux avec 3 kilos de marrons à cuisiner à toutes les sauces !

Me voilà donc à la tête de jolis marrons, à me demander comment qu’on se débrouille avec ces petites bêtes là… Dans les restaurants où j’ai travaillé, ils arrivaient déjà préparés et quand j’allais ramasser les marrons petite fille (assez rarement en plus), je n’assistais pas à la réalisation de la crème. Je crois qu’une poule devant un couteau doit paraître plus inspirée que moi à ce moment-là… J’ai donc fait un tour des trucs et astuces sur la toile avant de respirer un bon coup et de commencer.

Ça a été un long, très long moment de solitude. Je me suis maudite plusieurs fois d’avoir suggéré cette ballade, j’ai repensé aux marrons surgelés et je me suis même dit que tout compte fait, leur prix était bien justifié et que la prochaine fois je ne pinaillerais pas à la vue de l’étiquette. Mais ma crème de marron est si bonne que finalement, elle valait bien quelques efforts ! Et comme je ne tricote pas, il faut bien passer le temps…

Ma Crème de marroncuisine_187

1 Kg de châtaignes

750 g de sucre

1 verre d’eau

1 gousse de vanille

5 cl de rhum ambré

Plongez vos châtaignes dans une bassine d’eau pour les laver et éliminer toutes celles qui flottent à la surface (elles sont véreuses paraît-il…). Là, j’ai pesté contre mon chéri qui m’avait fait du remplissage de sac avec des marrons suspects et tous mous… C’était avant que je vois le boulot qui m’attendait, après, je l’ai remercié…

Première étape casse-pied : entaillez chaque marron, un par un avec un bon couteau et suffisamment profondément. Certains proposent de faire une croix, moi, j’ai opté pour la solution, faites une entaille tout autour. BON COURAGE ! Choisissez une bonne émission de radio ou une série captivante pour tenir le coup.

cuisine_159Deuxième étape casse-pied : Faites bouillir de l’eau avec une lichée d’huile. Trempez vos marrons petit à petit dans cette chauffante et laissez-les 3 à 5 minutes. Sortez-les avec une écumoire et replongez en quelques autres en attendant. Là, il faut braver le chaud et peler de ses petites mimines agiles les marrons, sans oublier la seconde peau, la plus embêtante… (enfin, j’en ai laissé un peu parfois, j’avoue…)

Quand vous avez tout décortiqué, vous êtes tiré d’affaire ! Recouvrez d’eau les marrons et portez à ébullition ; laissez cuire 15 à 20 minutes, histoire qu’ils s’écrasent facilement. Egouttez-les et passez-les au moulin à légume. C’est un peu fastidieux et je reconnais que de temps en temps je vidais ce qui ne passait pas (une purée bien compacte) dans la chair passée après m’être débarrassée des quelques peaux qui restaient (attendez, vu comment on a galéré pour décortiquer les marrons, on ne va pas en jeter non plus !).

Pesez votre purée. C’est à partir de ce poids là que vous calculez le sucre nécessaire sur la base 1kg/750 g de sucre.

Versez ce sucre dans une grande casserole avec un bon verre d’eau pour le dissoudre et la gousse de vanille que vous aurez fendue et grattée. Portez à ébullition et laissez cuire 5 à 10 minutes jusqu’à formation de grosse bulles ou plus scientifiquement jusqu’au petit boulé : quand un peu du sirop déposé dans un bol d’eau forme une petite boule malléable…  C’est alors que vous ajoutez la purée de châtaigne. Mélangez et laissez cuire en touillant de temps en temps pendant 30 à 40 minutes. La crème fonce peu à peu et adhère de plus en plus à la spatule… Vers la fin de la cuisson, parfumez avec un peu de rhum. Il ne reste plus qu’à mettre en pots (que vous avez préalablement stérilisés en les faisant bouillir) et à laisser refroidir la tête en bas pour en profiter toute l’année (si les pots résistent à l’hiver…)

J’ai laissé volontairement les morceaux de vanille pour qu’ils terminent de diffuser leur saveur au cours du temps.