Aussi bizarre que cela puisse paraître, une de mes « madeleines de Proust » les plus tenaces est aussi très politiquement incorrecte pour la bonne cuisinière franchouillarde que je suis… Quand j’avais 16 ans, je suis partie un mois aux Etats-Unis avec la peur au ventre de n’avoir à manger que des hamburgers dégoulinants de graisse saturée. J’étais plus que prévenue de la forte attirance des Américains pour la mal-bouffe et je me voyais déjà revenir en France avec encore quelques kilos en plus qui auraient terminés de ruiner mon estime personnelle (qui déjà n’était pas très reluisante…)

Contre toute attente, ce fut un séjour dont je garde un souvenir impérissable, pendant lequel je me suis fait des amis toujours présents et j’ai multiplié les expériences et les découvertes.

A vrai dire, j’étais tombée dans le New Hampshire, dans la campagne à une bonne heure de Boston, alors j’ai peut-être eu une image un peu préservée des Américains, peu pollués par la vie citadine à 100%. Mais en tout cas, c’était une famille soudée, hyper ouverte, très tournée vers la culture, un peu hippie sur le retour c’est vrai, mais pour laquelle s’asseoir tous ensemble autour d’un repas était capital.

Je me souviens avoir très bien mangé : ils allaient acheter leurs légumes à la « ferme » ; ils m’ont fait découvrir les cranberries et le sirop d’érable ; ils avaient des marinades pour les viandes au barbecue à faire pâlir d’envie nos chers et tendres, maîtres de la grillade les beaux jours venus ; les sandwichs préparés dans des « bagels » (nature, oignons, bacon, origan…) étaient savoureux ; les glaces et les donughts délicieux ; et surtout, leurs petits dèj’ étaient à se damner !

Le brunch était un truc impressionnant : le samedi et le dimanche, Gargantua s’invitait dès le matin. Œufs brouillés avec du bacon revenu à la poêle, petits pains anglais avec des confitures, muffins maisons, et des Pancakes natures ou aux myrtilles qui embaumaient la maison et nous faisaient nous lever dare-dare. Bien chauds avec un trait de sirop d’érable, c’était divin !

Depuis, 12 ans ont passé et je n’ai jamais trop osé me lancer dans les Pancakes de peur d’être déçue par le résultat : après tout, la farine et les œufs de l’autre côté de l’Atlantique ont peut-être un goût propre que je ne pourrai jamais retrouver ici…

Et pourtant, j’avais bien envie de pimenter un peu nos petits déjeuners du dimanche matin, déjà bien agréables j’avoue, en m’essayant au mythe américain.

Après tout, plein de bloggeuses s’y sont attelées alors pourquoi pas moi ? Je ne suis pas plus bête qu’une autre, mon estime personnelle se porte beaucoup mieux qu’avant, merci !

J’ai fait un tour d’horizon des différentes recettes proposées, en éliminant par avance toutes celles où on devait battre les blancs en neige : le dimanche, c’est le jour du Seigneur, je ne sors pas mon fouet dés le matin ! j’ai autre chose à faire… Allons au plus rapide !

Pour 8 pancakescuisine_147

1 œuf

10 cl de lait

35 g de beurre

95g de farine

20 g de sucre

1 pincée de sel

1 sachet de levure

Faites fondre le beurre au micro-onde 30 secondes à 1 minute.

Pendant ce temps, réunissez tous les éléments secs dans un saladier. Remuez.

Dans un petit bol, cassez l’œuf, battez-le et ajoutez le lait et le beurre fondu ; mélangez et ajoutez aux éléments secs. Un coup de fouet pour que tous fassent bien connaissance et réservez 10 minutes au frais, le temps de presser vos oranges, de faire griller le pain ou préparer la table…

Dans une poêle bien chaude, faites glisser une noisette de beurre et déposez des petits tas de pâte (si la poêle est digne de ce nom, vous pouvez faire 3 ou 4 pancakes à la fois). Vérifiez que le feu n’est pas trop fort non plus. Des petites bulles se forment à la surface, il est temps de retourner votre petit coussinet délicatement et de le laisser cuire une ou deux minutes de plus. Renouvelez l’opération jusqu’à épuisement des stocks.

Amenez fièrement votre œuvre dominicale au chanceux qui partage votre table dès le lever. N’oubliez pas le sirop d’érable qui vient sublimer ce petit délice de légèreté !

Les pancakes sont gonflés à souhait, moelleux et bien craquants à l‘extérieur, pas la peine de s’embêter à monter les blancs… La levure chimique fait son boulot toute seule !