Le week-end dernier, c’était bien un peu la course, comme souvent d’ailleurs. D’abord c’était la « foire à la Pansette » à Gerzat, que le monde entier nous envie. Kesako me direz-vous ? Ben, c’est comme des tripoux mais avec de la panse de brebis. Et pour ceux qui ne connaissent pas non plus les tripoux, (les veinards) figurez-vous que c’est un des éléments phares de la gastronomie auvergnate. Ne comptez pas sur moi pour vous en faire une description par le menu avec filet de bave pointant au coin de la babine et vous recommander les meilleures adresses, je ne mange pas de ce pain-là, au risque de passer pour une renégate. J’essaie pourtant, mais l’odeur est trop forte et me provoque des spasmes incontrôlés. Mais c’est sûrement très bon et il paraît qu’en fines tranches et bien grillé, c’est un pur délice… Je ferai l’essai un jour, en prévoyant un plat de secours et en bloquant les portes pour que mon cher et tendre ne s’échappe pas !

Enfin samedi soir, c’était sortie annuelle de notre bande de potes direction Gerzat pour gros apéro et dégustation de pansette. Youhouh !! Et c’est là qu’on apprécie d’être enceinte : on a juste à dire qu’on n’en veut pas et ça passe tout seul ! Le refus est accepté sans qu’on ait à fournir davantage d’explications. C’est magique ! ça compense (en partie) le fait d’être Capitaine SAM désigné d’office.

Alors au final, ça nous donne : apéro tardif, resto, puis un petit tour sur la piste de danse, histoire de bien prouver que la vie nocturne ne s’arrête pas à la grossesse ; résultat des courses : couchés 4 heure du mat’ et ma marraine à aller chercher à midi.

On émerge gentiment vers 11 heure et là, il faut réunir ses esprits pour concocter un petit plat rapide et goûteux.

Bon, c’est vrai, chacun sa conception du rapide… Mais je ne m’en suis pas mal sortie et j’ai réussi à sauter sous la douche avant d’aller récupérer marraine à la gare.

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Pour 6 à 8 personnes

1 bon poulet

( au moins élevé en plein air) 

1 grappe de raisin blanc

½ botte d’estragon

1 oignon

5 à 10 cl de whisky ou cognac

30 cl de vin blanc

sel/poivre

huile de tournesol

un peu de crème épaisse pour lier la sauce

Là où j’ai perdu bien sûr un peu de temps, c’est en levant la chair du poulet à cru : c’est pas compliqué quand on a un bon couteau et qu’on sait faire mais sinon, demandez à votre volailler de vous le faire et de vous laisser la carcasse coupée en 3 ou 4 morceaux et zappez la première étape allègrement.

Quand vous avez vos morceaux de volaille obtenus de la façon que vous préférez, mettez à chauffer une cuillérée d’huile dans une cocotte (fonte forever !) et faites-les dorer sur chaque face. Petit conseil, mieux vaut faire 2 ou 3 tournées pour que chaque face voie bien le fond de la cocotte que de tout mettre d’un coup, le résultat sera plus beau et bien meilleur car tous les sucs seront bien emprisonnés à l’intérieur des chairs.

On a alors le temps tout en surveillant d’éplucher un oignon et de le ciseler en petits dés. On le rajoute dans la cocotte avec tous les morceaux de poulet réunis, on sale, on poivre, on remue et on arrose de whisky. Préparez bien votre allumette, poussez tout ce qui pourrait prendre feu et flambez sans attendre!

Quand il n’y a plus de flammes, ajoutez les raisins lavés et les feuilles d’estragon que vous aurez détachées de la branche. Un coup de vin blanc qu’on laisse bouillir 5 à 10 minutes pour qu’il perde son alcool, 20 cl d’eau en plus et on couvre. Laissez mijoter tout ça 3 quarts d’heure, 1 heure en remuant de temps en temps sur feu doux.

Si vous avez le courage, réservez la volaille dans un plat avec du papier alu et faites réduire la sauce sur feu vif 5 à 10 minutes pour qu’elle prenne un peu plus de corps, puis crémez avec 1 à 2 cuillères de crème épaisse.

Réchauffez la viande dans le jus réduit et servez.

J’adore l’estragon et son petit goût anisé, il se marie divinement bien avec le raisin et la crème. Ça donne une sauce pleine de saveur et un poulet tendre à souhait.

Les morceaux de carcasse rajoutent du goût au bouillon mais c’est surtout que j’aime beaucoup sucer les os à la recherche des petites miettes de volaille oubliées.