cr_te_29Après le mariage, nous avons été atrocement conventionnels… Nous avons cédé au rite éculé de la Lune de Miel. Une semaine au soleil en Crète. Terriblement classique mais monstrueusement bon.

On s’est fait la totale, entendez bien : même pas un peu à l’aventure, à demander une chambre pour la nuit dans un petit village coup de cœur… Non, on a assumé : hôtel avec piscine, en demi-pension avec soins thalasso possibles, les jeunes mariés déjà fatigués par la vie, en cure intensive de sommeil et de paresse.

Le cadre était paradisiaque : le sud de la Crète est beaucoup moins peuplé et attaqué par les touristes, surtout à cette saison. L’hôtel Kalipso est au milieu de nulle part, encerclé par les falaises, au bord d’une crique privée où fourmillent les poissons. On avait la grande piscine d’eau de mer pour nous seuls… C’est bien simple, s’il n’y avait pas eu les animateurs qui nous balançaient leur musique bidon, on se serait installé là ! Surtout que le système de restauration est un peu à revoir. J’aurais pu mettre mon grain de sel !… On s’en moquait car le midi, on se faisait des petits gueuletons pas piqués des hannetons, mais les buffets… C’est pas le pied !

Les gens ont l’air ravi de pouvoir se remplir des assiettes énormes avec des choses différentes et mal assorties ; ils se remplissent la panse jusqu’à en déborder, même si tout n’est pas foncièrement bon. On a payé, on en profite. Moi, ça me dégoûte. En plus ils en laissent plein leur auge et tout finit à la poubelle. Un tel manque de conscience, un tel égoïsme, moi, ça me fait vomir.

C’est vrai, un service à l’assiette, c’est plus de boulot, mais moins de gâchis et la possibilité de manger chaud un petit plat concocté avec amour !

Enfin arrêtons là ces considérations, je ne changerais pas ce monde de surconsommation malsaine en partant en vacances en Crète ! On s’est laissé porter comme les autres par la langueur méditerranéenne, à se baigner tous les jours et à parcourir les routes crétoises dans notre petite tauto touriste.

Quelques paysages pour vous donner envie d’y aller. En plus en dernière minute, c’est pas si cher que ça : on peut s’en tirer pour 500 euros la semaine, pas plus.

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Sympa non ?!!

Bien maintenant, venons-en au nerf de la guerre : La nourriture ! Car on n’est pas là pour rigoler ! On s’est RE-GA-LE !!! Munis du Guide du Routard, aucune bonne adresse ne nous échappait, et côté sud, le poisson qui était réputé être cher, ne l’était pas tant que ça, en tout cas moins qu’au Nord où s’amassent les touristes. C’est vrai qu’on avait décidé de se faire plaisir, mais les additions s’élevaient rarement au-dessus des 30/35 euros pour deux, vin compris. Pas si choquant que ça, pour de bons repas…

On ne coupait pas à la salade grecque : une pour deux, c’est une super entrée dans laquelle piquer allègrement : concombre croquant, tomates goûteuses, un peu de salade en chiffonade, des oignons aussi doux et juteux, de l’aneth à profusion, une belle tranche de féta bien fondante, des lamelles de poivron et des olives. Le tout arrosé d’huile d’olive fruitée et gorgée de soleil, un vrai bonheur !

Même mon chéri d’amour qui tourne pâle lorque je lui présente un concombre ou un oignon  en France en redemandait là-bas ! Un exploit.

Comme autres entrées, on a testé la salade de poulpe :

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Chez Cristo à Plakias, au bord de la mer, un vrai délice. C’était tendre, fondant, parfumé, croquant grâce aux petites carottes crues, légèrement citronné. Un pur moment d’extase ! En plus, nous avions marié cette petite salade à des feuilles de vignes maison évidemment, servies tièdes avec une belle cuillérée de véritable yaourt grecque, aussi ferme qu’une crème épaisse. Mes papilles en frétillent encore !…

Nous avons continué avec des minis rougets préparés comme de la petite friture, et là, j’ai failli quitté mon tout jeune mari pour le cuisinier qui nous avait concocté cette merveille ! Si, je vous jure. Evidemment, le poisson était extrêmement frais et c’est là le secret. C’était simple, mais divin…

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A Mirtios, un petit village perché au dessus de la mer, à la Taverne Plateia, on s’est aussi régalé de poulpe grillé et de petits calamars frits, si tendres et légers ! Hmmmm ! Qu’on était bien…

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Les sardines sont aussi très bonnes, enfin, côté poisson, allez-y les yeux fermés !

Côté viande, nous avons moins fait d’expériences… Quand il fait chaud et que la mer vous sourit, on a plus envie de goûter ses fruits ! Mais à Rethymnon, je me suis laissée tenter par un assortiment de grillades goûteuses : l’assiette était énorme, elle débordait de viande, pita et frites ! Un délice. Aucun morceau n’était nerveux, caoutchouteux ou dur. Tout avait une saveur incomparable et la quenelle de tzatziki dans laquelle plongeait sans hésitation les morceaux tièdes de pita venait rafraichir le palais.

Seul bémol, les desserts sont inexistants, ou plutôt ne devraient pas exister, pour la plupart ! Evidemment un bon yaourt grec avec du miel de thym de Crète reste une valeur sûre, mais le mieux est de se gaver de fruits : raisins, oranges et pastèque ; car les pâtisseries sont à mon goût écœurantes et trop sucrées.

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Quant aux vins, nous n’avons eu que de bonnes surprises et pourtant on marchait au pichet (enfin surtout mon chéri) : les rosés surtout avaient un bouquet très floral et une bouche très fruitée, avec des arrières goûts de résine… Très agréable.

J’ai bien sûr ramené un livre de cuisine crétoise, de l’huile d’olive, du miel et tout un tas d’herbes que je n’ai pas encore essayées… Je sens que les semaines à venir seront encore un peu sous le signe du soleil ! Affaire à suivre…

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